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16 avril 2001 |
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| Jazz tour Benoit Ruwet trio Le Benoît Ruwet trio est né de la rencontre (au Sénégal) entre le guitariste Pierre Van Dormael, qui à ce moment enseignait la musique au conservatoire de Dakar et le batteur-percussionniste Benoît Ruwet qui étudiait les rythmes sénégalais. Leur amour commun pour le jazz et la musique africaine a abouti à la formation d'un groupe auquel est venu s'ajouter le contrebassiste Chris Mentens. Leur répertoire est essentiellement composé de standards jazz joués sur des rythmes sénégalais ou arrangés à l'africaine, ainsi que de quelques compositions personnelles. Venez donc savourer ce chaleureux cocktail de sons et de rythmes. Silent Song Sextet (the music of Federico Mompou) La musique que joue le " Silent Song Sextet " est basée sur une quinzaine de pièces pour piano du compositeur catalan Federico Mompou (1898 - 1978). On ne peut associer la musique de F. Mompou à aucun des grands courants du XXe siècle ni à la musique ibérique. Elle est tout a fait originale, simple, mystérieuse et se prête merveilleusement bien comme outil d'expression pour improvisateurs du jazz.) Diederik Wissels PianoLaurent Blondiau TrompetteBart Defoort SaxesGwenael Micault BandoneonArne Van Dongen BasseTeun Verbruggen Batterie Octurn " double rhythm section project " Ce nouveau projet d'Octurn se démarque nettement du répertoire précédent et s'oriente vers une musique plus groovy, accentuée par la présence d'une double section rythmique dans le groupe. Une direction musicale qui suit de très près les développements actuels d'une des branches les plus créatrices du jazz contemporain (M-Base, Aka Moon, Patrick Zimmerli, Kartet, Tribu...). Un projet ambitieux pour lequel Octurn a commandé des nouvelles compositions à plusieurs compositeurs qui s'inscrivent dans ces nouvelles tendances, et qui à quelques exceptions près, participeront également en tant que musiciens au projet. Les compositeurs sont : Geoffroy de Masure (Tribu), Fabrizio Cassol (Aka Moon), Stéphane Galland (Aka Moon), Antoine Prawerman (Vegetal Beauty), Bo Van der Werf (Happy, Octurn), Pierre Van Dormael (Vivaces) ainsi que le saxophoniste et compositeur new yorquais Patrick Zimmerli. Le line-up du groupe rassemble quelques uns des meilleurs musiciens belges, hollandais et français actuels avec en invité spécial le saxophoniste américain Patrick Zimmerli. Geoffroy de Masure TromboneGuillaume Orti Sax altoOtti van der Werf Basse électriqueStéphane Galland BatterieBo Van der Werf Sax barytonLaurent Blondiau Trompette Fabian Fiorini PianoPierre Van Dormael GuitareJean-Luc Lehr Basse électriqueChander Sardjoe Batterie, percussionsSpecial guest : Patrick Zimmerli Saxophone Jean-Pierre Catoul / Peter Hertmans Project Lorsque Peter Hertmans et Jean-Pierre Catoul se rencontrent pour la première fois en duo, une affinité musicale s'installe d'emblée : ils décident alors de monter un projet commun et forment un groupe composé de Michel Herr, Michel Hatzi et Bruno Castellucci. Outre leurs qualités de solistes et d'improvisateurs, c'est avant tout l'envie identique d'une certaine écriture musicale qui pousse le guitariste et le violoniste à travailler ensemble : un souci constant de la mélodie ciselée et aventureuse, une recherche soutenue sur le plan harmonique mariant audace et richesse, et un travail rythmique principalement binaire, axé entre autre sur les mesures composées sans qu'elles n'y paraissent ! Tous ces paramètres donnent à l'ensemble une couleur très particulière, pas franchement " jazz ", ni vraiment " jazz rock ", pas tout à fait " fusion " non plus, bref un son assez nouveau et très accessible où l'association violon et guitare, soutenue par une rythmique de choc, emmène l'auditeur dans une musique pleine de magie et de rebondissement. Jean-Pierre Catoul ViolonPeter Hertmans GuitareMichel Herr PianoMichel Hatzigeorgiou BasseBruno Castellucci Batterie Vegetal Beauty Au confluent du jazz, de la pop, du funk et de la musique contemporaine, Vegetal Beauty est une musique conçue originellement pour la danse. C'est une composition, prévoyant et proposant des développements rythmiques et harmoniques, supports aux improvisations. C'est une variation rythmique basée sur la notion d'harmonie mathématique, découverte en son temps par Pythagore selon la formule : c=2ab(a+b). Le rapport de tension entre la ligne de basse, les thèmes et les contraintes harmoniques /mélodiques des solistes croissent suivant un système de deux spirales coniques, imbriquées, à ramification unique, en rotation inversée d'intervalles successifs !!!Les formes de cette musique se sont cristallisées au fur et à mesure des répétitions, au gré des improvisations des danseurs (hip hop) d'une rappeuse et des musiciens ; Elles restent ouvertes et disponibles à chaques instants aux nécessites et imaginaires des uns et des autres. Les danseurs nous ont nourris de leur esprit, de leurs mouvements ; essoufflés ils nous laissent, repus mais ingrats, jouer sans eux. Antoine Prawerman clarinette basse, compositionsStéphane Payen sax altoLaurent Blondiau trompetteFrank Vaillant drumsLuc Evens basse | |||
| MIDIS JAZZ Vu le succès des éditions précédentes, les Lundis d'Hortense remettent ça avec une troisième saison de concerts en solo, à nouveau dans la petite salle du Conservatoire de Bruxelles. Un lundi par mois, sur le temps de midi, nous vous invitons à partager avec des musiciens de jazz de tous horizons une expérience unique. Le concert solo est une formule exigeante mais aussi une occasion privilégiée pour le musicien qui, seul avec son instrument, prend le risque d'exprimer librement, sans filet, sa personnalité et sa vision musicale. Au-delà d'une rencontre entre l'artiste et le public, nous vous invitons à venir (re-)découvrir des instruments et des musiques. Au Conservatoire Royal de Musique - rue de la Régence, 30 - 1000 Bruxelles Prix : 150-200 fb Lundi 23 octobre 2000 à 12h30 Weber Iago - piano solo Le pianiste brésilien Weber Iago est un musicien complet. Pianiste concertiste classique de formation, il se spécialise dans la musique de chambre et la composition avant de se tourner vers le jazz. Mais le champ de ses compétences inclut aussi l'orgue, la flûte, la direction d'orchestre …et la littérature de langue portugaise. En 1987, il part pour les Etats-Unis où il travaille entre autres avec Herbie Hancock, Wayne Shorter, Dianne Reeves… Parallèlement, il développe son propre groupe Zen Blend, et enregistre deux CD avec le grand guitariste brésilien Romero Lubambo (sous le nom de Weber Drummond). Compositeur et arrangeur très demandé, il écrit actuellement pour Ali Ryerson, Keith Underwood, Caudia Villela, Helcio Milito. Weber Iago a fait de nombreuses tournées aux USA, au Japon et au Brésil. Il est de passage exceptionnel en Belgique, et ce concert solo est un événement unique ! Lundi 13 novembre 2000 à 12h30 Erik Vermeulen - piano solo Erik Vermeulen s'est produit sur de nombreux terrains musicaux au cours des dernières années. Pianiste de jazz chevronné, il est en particulier séduit par l'aventure de l'improvisation, comme en témoignent tant le CD de son projet " Icarus Consort " entièrement basé sur l'improvisation libre, que le trio plus " traditionnel " qu'il forme avec Jan de Haas et Sal La Rocca. En solo, son travail explore les possibilités sonores du piano, joue à opposer structure et création instantanée, et puise son inspiration à de nombreuses sources. Everything is jazz. Lundi 4 décembre 2000 à 12h30 Michel Debrulle " Rêve d'Eléphant " - batterie, grosse caisse de Binche solo Ce solo est né de compositions pour un spectacle de danse. Il en découle une approche organique des sons imprégnée de musique européenne, de jazz et de voyages d'études en Inde et à Cuba. La musique de Michel Debrulle se caractérise par un désir d'une grande lisibilité auditive et imaginative pour les corps, sans complaisance ni " folklorisme ". Parallèlement à ce solo qui fait partie d'un tryptique musical (Rêve d'éléphant solo, trio et orchestra, formule septet que vous pourrez apprécier lors de son passage au jazz tour), Michel Debrulle participe activement à différentes formations avec le clarinettiste-saxophoniste français Laurent Dehors, dont le Tous Dehors big band et le Trio Grande. Lundi 15 janvier 2001 à 12h30 Phil Abraham - trombone solo Ce n'est pas pour rien que Phil Abraham jouit à la fois de l'estime des jazzmen modernes et des " traditionnels " : son style allie en effet la souplesse à l'humour, la tradition aux sons expérimentaux, la versatilité du trombone au charme velouté de la voix. Après 6 ans d'Orchestre National de Jazz en France, Phil Abraham retourne à présent à une carrière de soliste - et qui dit solo dit soliste. La formule a déjà fait ses preuves, notamment au festival de jazz de Liège. Préparez-vous à de la joie. Un trombone, une voix, du scat, quelques sourdines et beaucoup de bonne humeur ! Lundi 29 janvier 2001 à 12h30 Daniel Stokart - saxophones alto & soprano, flûtes, et divers instruments solo C'est l'histoire d'un gars qui se cherche, qui cherche une musique. La meilleure manière qu'il a trouvé de se chercher, est de s'enregistrer, de s'écouter, puis de se réenregistrer de nouveau, en se démultipliant encore. Le tout mis ensemble donne une musique de sons, de couleurs qui lui sont propres. En concert, il s'accompagne de ses enregistrements qui sont autant de parties de lui-même. On peut alors entendre, par exemple, une multitude de sax soprano, accompagnés par une clarinette basse, des ocarinas, des flûtes, toutes sortes de saxophones, mélangés dans un grand patchwork lyrique et ludique. | |||
| INTERVIEWS Peter Hertmans en tournée en janvier La série des interviews de musiciens se poursuit avec celle de Peter Hertmans, qu'Alexandre Wajnberg a réalisée au stage de La Marlagne, par une claire soirée d'été. Conversation libre autour de ses projets musicaux et de l'acte de création. A.W.FAISONS CONNAISSANCE AVEC PETER HERTMANS-LE-MUSICIEN. P.H./ Peut-être d'abord avec la personne? COMME TU VEUX. P.H./ Je m'appelle Peter Hertmans, je suis guitariste, et je suis né à Gand le 10 avril 1960 et j'ai fait le latin-grec (rires) ... Je suis resté à Gand jusquà mes 32 ans puis j'ai déménagé à Bruxelles et la vie a changé, profondément. D'abord j'ai commencé à donner cours au Conservatoire flamand de Bruxelles, et trois ans après, à l'Institut Lemmens à Louvain, où je suis coordinateur de la section depuis trois ans maintenant. Et surtout, j'ai commencé à jouer avec tout ce beau monde qui traîne à Bruxelles, ...ce sont de sacrés musiciens... DES NOMS! P.H./ Des noms?! Euh... Otti [Van der Werf], Bo [Van der Werf], Jeroen évidemment, Jeroen! [Van Herzeele]. ...Jeroen et moi c'est une autre histoire hein! Michel Herr maintenant, Jean Pierre Catoul, Paolo [Radoni]... tout le monde quoi!POURQUOI "JEROEN ET TOI C'EST UNE AUTRE HISTOIRE" ? P.H./ Parce qu'il y a quelque chose de spécial entre nous deux, on se comprend très bien musicalement, et on adore jouer ensemble. Ça tient depuis sept ans maintenant. On a deux groupes. Il y a "Ode for Joe", où on joue les compositions de Joe Henderson, et "Greetings from Mercury" qui est le groupe de Jeroen, avec ses compositions à lui. A nous deux, on a déjà enregistré cinq CD ensemble, et on en projette un sixième bientôt... ON PENSAIT PARLER DE PETER HERTMANS-L'HOMME AVANT DE PARLER DU MUSICIEN, ET L'HOMME EST DEJA MUSICIEN... P.H./ ...mais non, je dis juste ce que Bruxelles m'a apporté dans ma vie!TU AS CITE UN PROCHAIN CD AVEC JEROEN, PARLONS DONC DE TES PROJETS ACTUELS, LE CD ET TA TOURNEE. P.H./ Oui, ce sont deux groupes différents. J'ai enregistré l'été passé avec Jean-Pierre Catoul, Bruno Castellucci, Michel Herr et Michel Hatzi. Ce disque est sorti en décembre, il s'appelle "Restless", et on commence à faire du live, sous le nom "Catoul-Hertmans Group". On va faire la tournée des Lundis, et on cherche d'autres concerts. Au départ, Jean-Pierre et moi nous pensions ne faire que de la musique en studio: un disque avec des effets, des overdubs etc... mais on a vite su que cette musique pouvait être jouée aussi en live. Sans ces overdubs, c'était toujours aussi puissant alors... on parle déjà d'un deuxième CD.QU'EST-CE QU'IL Y A COMME MORCEAUX SUR CE DISQUE? P.H./ Quatre à Jean-Pierre et quatre à moi. La ballade qu'on joue à deux est un morceau que j'ai écrit il y a longtemps. Les trois autres sont des compositions récentes.VOUS AVEZ UNE AFFINITE MUSICALE, COMMENT FONCTIONNE... P.H./ Eh bien c'est bizarre, avec Jean-Pierre cela s'est passé d'une manière instantanée, subite. Bruno m'avait demandé d'arranger deux de mes compositions pour son CD avec le Stringtette (quatuor à cordes classique combiné avec un quartette de jazz) et Jean-Pierre avait aussi écrit un morceau. Alors on s'est rencontrés au studio - je connais Jean-Pierre depuis longtemps! mais là on a entendu l'un et l'autre ce qu'on avait écrit pour Bruno, et c'était chouette, on sympathisait bien. Quelques mois après, Bruno a fait une présentation du CD , et il a invité tous les compositeurs du disque à jouer un ou deux morceaux. Jean-Pierre et moi on a joué en duo deux de ces morceaux que je venais d'écrire (et qui figurent sur le CD maintenant). C'était la première fois qu'on jouait ensemble, au Théâtre 140 qui était plein, et pouf! l'athmosphère y était, tout de suite! C'était génial. Un producteur est venu juste après, Patrick Bauwens, qui a dit je veux faire quelque chose avec vous. On s'est regardés Jean-Pierre et moi: on en a de la chance hein!.. Ça je n'ai jamais vécu quoi! (rires)...ET VOUS AVIEZ REPETE AVANT DE JOUER A CE CONCERT? P.H./ Ah oui! On s'est vus deux fois chez moi, on a bien choisi les morceaux, et on a cherché une certaine manière de jouer "guitare acoustique et violon acoustique", pour que ça sonne quand même ouvert et moderne, sans tomber dans le truc traditionnel euh "guitare ring-ring-ring et violon tchicki-tchicki-tchicki-tchick". On voulait faire quelque chose d'assez fort dans la musique actuelle. C'est possible, mais délicat à réaliser... et cela a vraiment fonctionné.CE CD, "RESTLESS", EST SORTI EN DECEMBRE (DISTRIBUE PAR VIRGIN).. TU EN PREPARES UN DEUXIEME AVEC JEAN-PIERRE? P.H./ Pas encore, mais on a fort envie. Et c'est ce groupe-là qui va tourner avec les Lundis. (un temps) Tu voulais aussi qu'on parle de "Greetings"...OUI, IL Y A QUELQUE CHOSE EN VUE? P.H./ Avec "Greetings" on a fait deux disques, "Greetings from Mercury", et "Continuance". Le premier est un enregistrement studio, et le deuxième un enregistrement live. On a eu deux soirées au Vooruit à Gand, et on a fait le disque. Avec quelques petites retouches, c'est tout.LES RETOUCHES D'UN ENREGISTREMENT, COMMENT VOUS LES FAITES? P.H./ En studio. On a pris la bande, mais y avait presque rien à corriger. Une demi journée pour tout le monde...JE N'IMAGINE PAS COMMENT ON CORRIGE UN ENREGISTREMENT LIVE... P.H./ Oh, y a par exemple un petit couic dans un thème de Jeroen, moi qui accroche quelque-part... et on rejoue juste cette petite phrase. Parce qu'on veut garder au maximum l'athmosphère live. Alors on pique ce petit bout et on le mixe de telle manière qu'on n'entende pas la différence. Juste des petits détails... Parce que tout y était!REVENONS A CE QUE TU AS EN VUE... P.H./ ...on va sans doute de nouveau faire un disque en studio. Jeroen est en train de réfléchir à du nouveau matériel... "Greetings" est vraiment trop beau pour arrêter. L'IDEE DE "GREETINGS" VIENT DE JEROEN, MAIS QUELLE EST TA PARTICIPATION, TON APPORT DANS CETTE MUSIQUE-LA? P.H./ Il faut remonter à avant "Ode for Joe", au jeu qu'on a ensemble Jeroen et moi, l'improvisation. Depuis des années, chaque fois qu'on se voyait on se disait on va jouer la musique de Joe Henderson, elle est trop belle. Et on l'a fait! On a pris Sal [La Rocca] et Jan [De Haas] et ils font toujours partie du groupe qui tourne depuis 6, 7 ans maintenant... C'est magnifique de jouer ces morceaux de Joe qui sont à la fois de vieux morceaux, avec tout ce que cela veut dire, mais qui ont aussi toujours ...une ouverture moderne. Jeroen et moi, on a très vite trouvé un moyen d'interpréter cette musique de manière assez ouverte. On peut être tout-à-fait soi-même là-dedans, tu vois? Alors les morceaux de Joe, comme on les joue maintenant, c'est comme s'ils étaient devenus nos morceaux. Ils ne sonnent plus du tout comme l'original. Parce que Jeroen et moi, on se comprend: moi je vais quelque part et il est là! Lui va quelque part et moi je suis là tout de suite! C'est tellement logique, évident. Et à la limite je tape même un accord avant qu'il ne joue la première note de là où je sais qu'il va aller!... tellement c'est fort entre nous.J'arrive donc à ta question. "Greetings" est né de cette histoire en fait. Jeroen voulait un trio, il avait commencé à jouer avec Sal et Stéphane Galland, et Sal ne pouvait plus faire ces concerts-là parce qu'il avait trop de travail avec d'autres groupes auxquels il avait donné une priorité - c'est normal, tout le monde doit faire ça - et Jeroen n'avait pas envie de prendre un autre bassiste. Alors il m'a téléphoné: on va commencer un deuxième projet en trio avec toi et Stéphane, tout-à-fait autre chose! Il avait écrit cinq morceaux qui sont magnifiques, et on a ajouté quelques morceaux de Coltrane des années soixante, qu'on a retravaillés de manière très ouverte, et tout-à-fait différente. C'était donc plutôt "Coltrane" à cette époque. Et puis - avec Stéphane évidemment c'est inévitable! - on est entrés dans un groove plus stable, plus dance à la limite, et c'est à ce moment-là qu'on a eu envie de prendre un bassiste: Otti! qui est tout-à-fait autre chose, qui vient du funk, de la musique poly-rythmique, qui joue avec Pierre van Dormael etc..., et cela a ajouté une toute autre dimension. Juste après, on a été jouer à Gand, avec le nouveau répertoire. On était au Magazijn, et le patron, c'est Stevens Segers le rappeur! Alors il nous a entendus dans son café où il programmait des groupes, et vers la fin du concert, il vient demander à Jeroen est-ce que je peux pas faire un petit rap avec vous? C'est trop bon votre musique. Hop! Il est monté sur scène, il a fait son rap, on était tous "par terre", et depuis lors, Stevens fait partie du groupe aussi!Et puis Jeroen a voulu ajouter encore une petite touche très exotique, et Michel Andina a rejoint le groupe pour le dernier projet, avec son sitar.ET C'EST L'IDEE DE JEROEN, D'AJOUTER UN SITAR... P.H./ Oui, tout! Jeroen a construit tout cet univers autour de "Greetings", la musique, la démarche, tout.JE REMARQUE, DANS CE QUE TU ME RACONTES, QUE CETTE MUSIQUE S'EST CONSTRUITE PAS A PAS, EN MELANGEANT LE DESIR MUSICAL ET LES CONTINGENCES PRATIQUES. L'IDEE N'EST PAS VENUE EN UN COUP. IL Y AVAIT UNE ENVIE MUSICALE QUI A CHERCHE SON CHEMIN A TRAVERS LES POSSIBILITES CONCRETES. P.H./ Oui, c'est la musique qui a guidé Jeroen dans toutes ces décisions-là. La musique. Il a bien écouté et puis s'est dit OK!, il faut que je fasse ceci parce que la musique le demande. Et après, elle se développait dans un certain sens, et ensuite de nouveau ah oui, maintenant il faut que je fasse cela... La musique dit tout! Elle évolue de telle manière qu'elle t'indique où elle va ...si tu es assez attentif à t'écouter, et à écouter les autres.MAIS IL Y A UNE PART D'INCONNU AU MOMENT OU L'IDEE MUSICALE EST EN TRAIN DE SE FAIRE. P.H./ Oui, pour Jeroen, c'est toujours très ouvert, des petites compositions, une feuille, quelques idées, et puis il y a tout le reste qui se construit avec nous, tous ensemble, en répétant, en parlant... un vrai travail d'équipe. C'est pour cela, je crois, que ce groupe sonne aussi bien, parce que tout le monde est fort impliqué dans le projet. Jeroen sait qu'il peut compter sur nous pour donner forme à tout ça. Et moi je me sens très bien dans ce rôle aussi parce que j'adore Jeroen comme personnage et comme musicien. On est fort motivés à être là, à réfléchir avec lui et à partager... c'est trop beau quoi!COMMENT CARACTERISERAIS-TU LA FAÇON DONT JEROEN DIRIGE LES OPERATIONS? P.H./ Tout simplement par le mot "très ouvert". La direction musicale qu'il prend est tellement claire qu'il motive les gens autour de lui, et qu'il sait qu'il va avoir du feed-back pour se nourrir à nouveau! N'importe quoi peut arriver à n'importe quel moment, il est toujours ouvert. Dès qu'une idée est intéressante - toutes les idées il les trouve intéressantes! - mais dès qu'il est possible de la réaliser, hop! on y va! Y a pas une idée qu'on n'exploite pas. Avant, ses compositions étaient beaucoup plus complètes pour tout le groupe. Maintenant qu'il laisse plus d'initiatives à ses musiciens, cela ne facilite pas les répétitions évidemment, parce que plus le matériel est flou, plus il est difficile de trouver la direction. COMMENT SE PASSENT LES REPETITIONS? P.H./ Génial! D'abord on revoit les gens qu'on aime le plus au monde, les meilleurs amis, Stéphane et Otti, c'est fort! Et en plus, on sait qu'on va jouer ensemble alors c'est encore plus gai! On s'amuse... parfois on "part" pendant une heure dans un truc. Et puis on est très sérieux... on discute pendant une demi heure, tous ensemble...DISCUTER OU SE DISPUTER? P.H./ Non jamais se disputer, ce n'est pas possible, ça n'existe plus. CHACUN AJOUTE UNE IDEE POSITIVE A CE QUI VIENT D'ETRE DIT? PLUTOT QUE DE DIRE NON, FAISONS PLUTOT CELA? P.H./ Même si c'est une idée négative, ça ne peut pas tomber mal!ON DIRAIT QU'UN CHEMIN SPIRITUEL A ETE ACCOMPLI DANS VOTRE DEMARCHE ARTISTIQUE. P.H./ Mais non, les gens qui participent à ce groupe sont déjà tellement spirituels que ce côté s'installe tout seul.DONC, PEUT-ETRE UN NOUVEAU CD DE "GREETINGS" EN VUE, MAIS PAS POUR TOUT DE SUITE. Y A-T-IL D'AUTRES REALISATIONS RECENTES DONT TU VOUDRAIS PARLER? P.H./ J'ai eu une tournée avec Yvan Paduart, "True Stories", et on a enregistré en décembre avec Charlie Mariano. C'était une expérience de rencontrer Charlie Mariano, vivant, et de jouer avec lui... le disque est sorti au printemps. "True Stories", chez Igloo.D'AUTRES PROJETS IMMEDIATS? P.H./ Oui, celui de Sal. Le "Sal la Rocca quartette", qui est très chouette, avec Jacques Pirotton comme deuxième guitariste, et Bruno aux drums. Sal écrit bien, de beaux morceaux, qui sonnent bien; et jouer avec Jacques, c'est encore "quelque chose", une connivence. Parce que Jacques est un ex-cel-lent musicien, un des meilleurs que j'ai vus dans ma vie. C'est tellement gai de jouer avec lui, de faire un son avec deux guitares comme si c'était une seule... parfois on n'entend plus la différence entre les deux! Ce sont les bons moments...QU'EST-CE QUE TU RECHERCHES QUAND TU JOUES? P.H./ Euh, de la paix totale. Que je devienne vraiment la musique que je joue. Tout ça pour pouvoir m'exprimer totalement, et aller dans l'improvisation comme si elle était une sorte de ...à la fois de plaisir intellectuel, de transe tout-à-fait corporelle, d'un oubli de soi-même complet; j'essaye d'être un avec cette musique. Et la composition est assez importante pour moi, pour concevoir les morceaux qui vont permettre aux musiciens de s'envoler aussi.Tout en ayant des éléments très exacts et pointus dans la composition, et des partie ouvertes, mais où l'athmosphère est tellement bien établie que la musique ne devient pas "n'importe quoi", qu'elle va dans le sens où j'ai envie qu'elle aille. Voilà ce que je recherche dans la musique, dans la composition et dans le fait de jouer: s'oublier, être en transe, s'envoler, partir.ET COMMENT SAIS-TU, AU MOMENT OU TU COMPOSES, CE QUI VA PEUT-ETRE POUVOIR DONNER CETTE POSSIBILITE? P.H./ Mmh... très bonne question. Je crois que je ressens cela plutôt que de le savoir. Je crois que je le "savoure" quand la composition est faite ou quand je suis en train de la faire. J'écris beaucoup au piano. Quand j'ai bien le morceau dans les doigts, je le joue, et c'est le deuxième stade, où je juge et je savoure ce que j'ai écrit (parce que pendant que tu composes, tu chipotes, tu joues plic ploc, tu contrôles les notes pour voir si tu as bien le bon son que tu as entendu). Et c'est à ce moment-là que ce sentiment que j'avais pendant que je composais (que cela pouvait bien donner l'occasion de "partir"), c'est là que je vérifie si c'est vraiment vrai. Et je le vérifie au son, j'imagine des solos, des ouvertures, des tons... et je vois que ça marche, je peux le contrôler moi-même de manière interne, j'entends des trucs, je dois pas les chanter ou les jouer, je les entends dans ma tête sur les accompagnements que je fais. Oui OK, là ça va marcher...Et puis tu fais la partition complète du morceau, avec les parties etc, c'est encore un autre stade, où tu fixes la musique... Et puis il y a le quatrième stade, où tu appelles les musiciens - ou bien tu as écrit pour un groupe qui existe déjà - musiciens dont tu as idée qu'ils pourront "partir" sur ta musique comme tu l'avais entendue. On choisit toujours les musiciens en fonction de ce qu'on a écrit évidemment. Tout cela est dans la musique. (...) Je trouve important qu'un musicien de jazz contemporain se profile, qu'il dise voilà, ça, c'est moi. Je joue mes compositions et voilà je sonne comme ça. Parce que en écrivant tes propres compositions pour ton propre groupe, tu te crées à toi-même des occasions de te montrer avec tes meilleurs "pouvoirs improvisatoires". Car tu écris les morceaux aussi en fonction de ton propre jeu évidemment. Et il y a des choses que les autres musiciens vont trouver très techniques, mais qui pour toi seront très naturelles... Comme l'enfant qui a appris à marcher, et ne se rend plus compte que marcher, c'est en fait tout un bazar... VIVEMENT L'HIVER! QU'ON REENTENDE COMMENT TU SONNES! P.H./ Merci! | |||
| JAZZ AU VERT Voici quelques souvenirs du dernier stage " jazz au Vert " des Lundis d'Hortense immortalisés par Bubu Buxant. Malgré un temps maussade pour le mois de juillet, cette édition a été de nouveau un franc succès : il nous a fallu refuser pas mal de monde, la capacité de la Marlagne étant largement dépassée par les demandes, et engager un professeur supplémentaire. Une ombre au tableau : la fin du stage a été gâchée par le vol d'un ampli appartenant à Hagen Williquet, un des plus jeunes stagiaires. Il s'agit d'un ampli guitare Marshall 100 watts (voir photo - c'était le seul ampli de cette marque présent lors du stage). Il a été dérobé au secrétariat, probablement durant une période d'ouverture de celui-ci et au nez des personnes qui s'y trouvaient, lors de la soirée de clôture du vendredi 28/7, au moment où divers stagiaires venaient ramener ou récupérer du matériel. Si vous avez remarqué quelque chose où si vous avez la moindre information sur ce vol, nous vous serons très reconnaissants de nous contacter. Rappelons enfin que vous pouvez toujours obtenir le CD-rom souvenir des photos du stage pour la somme de 450 FB en vous adressant aux Lundis ou directement à Bubu (tél 010 41 42 94). | |||
| LE TRAVERS : FIN Malgré la fascination extraordinaire qu'a exercé le TRAVERS sur plusieurs générations de musiciens et d'amateurs de Jazz, malgré les milliers de signataires de notre pétition de soutien (plus de cinq mille) et la mobilisation des musiciens et professionnels du monde du spectacle et des média, malgré l'ensemble de nos efforts et négociations avec les pouvoirs publics pour une meilleure prise en charge financière et la reconnaissance du travail qu'effectue notre association depuis plus de 22 ans, malgré nos efforts drastiques pour améliorer la gestion du TRAVERS, suite à l'audit envoyé par la Communauté française qui affirme qu'il faudrait durant quatre ans une somme supplémentaire de 3 700 000 FB par an, suite à son refus d'augmenter le montant de son aide (deux millions de subsides annuels qu'il nous faut renégocier chaque année avec les incertitudes que cela implique alors que nous demandons un contrat programme depuis 1998 et que depuis 1982 nous demandons aux instances culturelles un subside de fonctionnement de cinq millions minimum), l'association TRAVERS valablement réunie en Assemblée Générale Extraordinaire a voté la mise en liquidation de TRAVERS asbl qui a pris effet le 9 septembre 2000, avec une grande soirée de clôture à laquelle tous les musiciens étais invités à venir faire une dernière JAM. La disparition de cette institution aura un impact négatif sur la qualité de la culture dans notre pays, et les pouvoirs publics en sont en partie responsables; en effet, c'est l'interruption brutale par la Région Bruxelles-Capitale du projet "Bruxelles, ville des musiques", dans lequel le TRAVERS était partenaire, et qui visait justement à mettre en valeur les manifestations musicales à Bruxelles, qui a créé un trou de plus de 3 000 000 de FB qui a pris aujourd'hui une tournure inflationniste et fatale et conséquemment catastrophique pour les 6 employés qui perdent leur emploi. Le TRAVERS est bien plus qu'un jazz-club, il fait partie du patrimoine, c'est un symbole culturel et sa disparition sera un lourd handicap pour le développement de la création musicale en Belgique, du jazz, pour le règlement du statut de l'artiste, dont le TRAVERS est un des porte drapeaux (le TRAVERS fut le premier et reste un des rares club à salarier les musiciens - 350 prestations en 1999), pour l'image du jazz belge à l'étranger. En effet, depuis 23 ans, la plupart des artistes de jazz (néerlandophones et francophones confondus) qui sont présents sur la scène internationale ont été et continuent à être soutenus par cette structure qui a été leur berceau, et qui l'est également pour les jeunes artistes (voir par exemple le Festivalestivaal qui s'y déroule actuellement). BREVE PRESENTATION DU PLUS VIEUX THEATRE DE JAZZ DE BRUXELLES Depuis vingt-deux saisons maintenant, le TRAVERS assure à Bruxelles une permanence dans la programmation d'un Jazz de qualité. Le Jazz est sans doute la musique qui a généré dans le pays le plus d'authentiques promesses ces dernières années : ne citons, parmi ceux qui s'exportent, que Nathalie Loriers, Pierre Vaiana, Kris Defoort (qui a enregistré avec Jack DeJohnette), Eric Legnini, Aka Moon ou le Trio Bravo, sans oublier Maurane dont les collaborations avec Charles Loos et Steve Houben furent autant de moments exceptionnels. A côté de ces valeurs devenues sûres, nous avons également accueilli quelques centaines d'inconnus, de monuments, de génies incompris, de fumistes, d'authentiques vedettes et d'amateurs éclairés. Au TRAVERS, le public bruxellois eut l'occasion de voir et d'écouter de près des artistes de valeur européenne oumondiale comme Joe Henderson, Philip Catherine, Hermeto Pascoal, Trilok Gurtu, Charles Loos, Joe Lovano, Michel Herr, Paul Motian, Tim Bern, John Ruocco, Serge Lazarevitch, Paolo Radoni, Siegfried Kessler, Odussey Bogussevitch, Didier Lockwood, Archie Schepp... la liste complète prendrait quelques pages. Avec le temps et l'expérience, TRAVERS s'est positionné à Bruxelles comme spécialiste en promotion d'artistes européens, et en Europe comme représentant de la nouvelle vague du jazz belge (BM Promotions). En six ans d'existence nous avons "exporté" Marc Lelangue, Nathalie Loriers, Diederik Wissels, Philip Catherine, Kurt Van Herck, Peter Hertmans, David Linx, No Vibrato, Bruno Castellucci, Cheiro de Choro, Emmanuelle Somer, Marie Sophie Talbot (Tangram)... en Wallonie, en Flandres, à Bruxelles, en Syrie, en Jordanie, au Québec, au Brunswick, en France, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Suisse, en Italie, au Liban, en Tunisie, au Maroc, en Turquie... Si ces activités ont pu être maintenues grâce à - et certaines années en dépit de - l'aide financière d'instances publiques, elles furent surtout le résultat de trésors de bénévolat, d'acharnement, ou d'interventions financières désintéressées, dont l'exercice au quotidien demeure de l'ordre du funambulisme. Le TRAVERS a permis depuis 22 ans de: Quelques chiffres En 1998, le TRAVERS a réalisé un chiffre d 'affaire de 14.000.000 de francs belges contre 5.500.000 FB en 1990. Cetteaugmentation démontre le dynamisme de l'association et l'intérêt du public tant sur le plan de la salle de la rue Traversière qui voit sa fréquentation passer de 12.000 personnes en 1990 à + de 16.000 personnes en 1998, que sur le plan des activités en dehors du cadre de cette salle. NEWSFLASH | Nous profitons de ce dernier numéro avant le Millenium pour lancer notre nouvelle rubrique. Les infos du jazz belge directement puisées au coeur de notre site (rubrique "newsflash") que nous vous invitons à visiter à l'adresse suivante : www.jazzinbelgium.org Depuis bientôt quatre ans, grâce à l'aide bénévole de Ilan Oz (webmaster) et de Michel Herr, "Jazz in Belgium" vous ouvre une fenêtre sur le monde du jazz belge. De la biographie des musiciens à l'agenda des concerts en passant par les groupes, les CDs, les photos, les publications (livres, magazines, partitions), l'enseignement (écoles, clinics, méthodes), les émissions radio/tv... vous trouverez tout pour faire votre bonheur... et bien plus! |
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