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14 mai 2001

    N°31 - 3ème TRIMESTRE 2000
Dans ce numéro :
  • AGENDA : JAZZ TOUR 2000-2001
  • INFOS : appel d'offre - festival 2001 et jazz tour 2001-2002
  • INTERVIEWS: Stéphane Galland, Maxime Blésin
EDITO

Voici venir la fin de la saison qui comme chaque année se clôture par l'intensif et festif jazz au vert. Et pour ce dernier numéro du journal avant l'an nouveau, une nouvelle rubrique que vous retrouverez au fil des prochaines éditions: conversations croisées entre musiciens - Stéphane Galland par Pirly Zurstrassen et Maxime Blésin par Paolo Radoni. Deux musiciens que vous retrouverez dans les deux groupes d'ouverture de l'édition 2000-2001 du jazz tour: Bzzz Pük et le quintet de Maxime Blésin. Les midis jazz seront bien entendu au rendez-vous pour 8 concerts solo au Conservatoire Royale de Bruxelles. Quant au prochain festival et au jazz tour 2001-02, ils attendent toujours vos propositions... Votre soutien est également le bien venu: vous pouvez régler votre cotisation pour l'an 2000 en versant 600FB sur le compte 068-0704090-91 des Lundis d'Hortense et apporter vos idées et votre temps libre pour améliorer notre journal et notre site...

Jazz tour

Voici le retour du jazz tour qui cette année sera particulièrement diversifié et représentatif des diverses facettes du jazz belge. A noter également que toute une série de nouveaux lieux partenaires font leur entrée dans le jazz tour.
Rendez-Vous donc en septembre pour ouvrir les festivités avec le polyrythmique Bzzz PüK et le quintet de Maxime Blésin.

Bzzz Pük

Formule originale autour de structures polyrythmiques traitées de manière à la fois généreuse, cohérente, intuitive et profonde. La rythmique solide et interactive s'inspire du jeu expressif du trombone pour donner naissance à une musique riche, colorée et créative. Geoffroy de Masure développe un jeu généreux et dense élargissant la palette expressive du trombone, lui offrant ainsi une place de choix. Son intérêt pour le rythme et les proportions se manifeste dans des compositions générées par des concepts originaux. Linley Marthe apporte sa sonorité magnifique, son groove profond, son aisance naturelle si peu commune sur son instrument et les influences combinées du jazz et de la musique africaine, faisant de lui un musicien extraordinaire à découvrir absolument. Stéphane Galland, il est aujourd'hui reconnu pour son approche unique et originale de son instrument, un jeu interactif et polyrythmique, un son plei et puissant et son étonnante capacité à surfer avec égale aisance sur des vagues complexes des musiques de tradition Afro-Américaine ou Carnatic, alliant ainsi les spéculations mathématiques à l'improvisation intuitive.

Geoffroy de Masure Trombone (France)Linley Marthe Basse électrique (Ile Maurice)Stéphane Galland Batterie


Maxime Blésin Quintet

Après un premier disque de compositions qui s'inscrivaient directement dans la tradition hard bop, le groupe s'oriente désormais vers des formes moins rigides, qui laissent une grande place à la créativité et mettent en valeur la complicité acquise au fil de nombreux concerts. Le quintet privilégie les multiples palettes de sons que cette formule permet. Les nouvelles compositions sont plus ouvertes, et laissent chaque personnalité s'affirmer, le swing restant bien entendu la vocation première du groupe.

Maxime Blésin Guitare et compositionsEric Prost Sax (France)Manu Duprey Piano (France)Mourad Benhammou Batterie (France)Sal La Rocca Contrebasse

En avant goût, voici les autres groupes que vous aurez l'occasion de découvrir lors du prochain jazz tour:

octobre:
Benoît Ruwet trio - Benoît Ruwet (batterie), Pierre Van Dormael (guitare), Chris Mentens (contrebasse).

novembre:
Silent Song Sextet (music of Federico Mompou) - Diederick Wissels (piano), Gwenaël Micault (bandonéon), Laurent Blondiau (trompette), Bart Defoort (sax), Arne Van Dongen (contrebasse), Teun Verbruggen (batterie).

décembre:
Octurn - Bo Van der Werf (sax baryton), Guillaume Orti (sax alto - France), Geoffroy de Masure (trombone - France), Laurent Blondiau (trompette), Fabian Fiorini (piano), Pierre Van Dormael (guitare), Jean-Luc Lehr (basse élec. - France), Otti Van der Werf (basse élec.), Chander Sardjoe (batterie, percussions - Pays-Bas), Stéphane Galland (batterie) - invité spécial : Patrick Zimmerli (sax ténor - USA)

janvier :
Vegetal Beauty - Antoine Praewermann (clarinette basse), Laurent Blondiau (trompette, electronics), Luc Evens (basse électrique), Frank Vaillant (batterie - France)Catoul/Hertmans group - Jean-Pierre Catoul (violon), Peter Hertmans (guitare), Michel Hatzigeorgiou (basse), Michel Herr (piano), Bruno Castellucci (batterie)

février:
Ben Sluijs quartet - Ben Sluijs (sax, flûte), Erik Vermeulen (piano), Piet Verbiest (contrebasse), Eric Thielemans (batterie)Tomas & Co - (Olivier Thomas (voix) en Co - version septet)

Mars:
Ernst Vranckx quintet - Ernst Vranckx (piano), Bart Defoort (saxes), Laurent Blondiau (trompette), Stefan Lievestro (contrebasse), Hans Van Oosterhout (batterie)Anne Wolf Trio - Anne Wolf (piano), Cédric Waterschoot (basse), Chris Joris (percussions)Anfass - Alain Pierre (guitare acc.), Steve Houben (flûte, sax soprano), Fawzi Chekili (guitare acc.), Hichem Badrani (ney)

Avril:
Rêve d'Eléphant Septet - Michel Debrulle (batterie), Pierre Bernard (flûte), Laurent Blondiau (trompette, bugle), Michel Massot (tubas, trombone), Stéphane Pougin (percussions), Etienne Plumer (percussions), Jean-Yves Evrard (guitares) Manu Hermia Quintet - Manuel Hermia (sax), Pierre Van Dormael (guitare), Xavier Tribolet (claviers), François Garny (basse), Herman Pardon (batterie)

Mai:
Mimi Verderame Quartet - Mimi Verderame (batterie), Eric Legnini (piano), Rosario Giulani (Sax - Italie), Bart de Nolf (contrebasse)

juin:
Bebey Band - Bebey Ouedraogo (guitare, percussions), Jean-Paul Lossignol (trompette), Axel Dumont (basse), Michel Hutchinsky (guitare), Anja Kowalski (voix), Gérard Lambot (sax), Dan (batterie)

INTERVIEWS

Notre collaborateur René Jacobs n'ayant malheureusement plus le temps de réaliser ses très chaleureuses et captivantes interviews, les musiciens-administrateurs des Lundis ont décidé de reprendre le flambeau. Chaque trimestre, à tour de rôle, deux de nos administrateurs intervieweront selon leur sensibilité chacun un des musiciens qui fera l'actualité des activités des Lundis. Voici donc en toute première les propos de Stéphane Galland et de Maxime Blésin recueillis en toute simplicité par Pirly Zurstrassen et Paolo Radoni. Dés septembre en ouverture du nouveau jazz tour des Lundis d'Hortense, vous pourrez entendre Stéphane avec Bzzz Pük et Maxime avec son quintet franco-belge.

Stéphane Galland par Pirly Zurstrassen

Nom GallandPrénom StéphaneNaissance 1969
Etudes Percussions Classiques au Conservatoire d'Huy
Instrument batterie
Projets Aka Moon, Bzzz Pük, Octurn, Tomas & Co, Deep in the Deep, 44 cm³, Happy...
Discographie sélective Aka moon, Rebirth, Akasha vol 1 et 2, Ganesh, Live at Vooruit, Elohim, Live at the Kaai, Invisible Mother, Invisible Sun (Aka Moon), Chromatic History, Ocean (octurn), Le singulier des Pluriels, Le Second Souffle de Josaphat (Tomas & co), Essentiels, Natural Balance (Eric Legnini), Stapler, En Public (Phil Abraham), Variation on a love Supreme, sketches of Belgium, Seven, Amazone (Zap Mama), Wishes (Michel Marissiaux), Icarus Consort (Erik Vermeulen), At the Crossroads, Greetings From Mercury, Continuance (Jeroen Van Herzeele, Greetings from Mercury), A star is reflected… (Deep in the Deep).
A joué (ou enregistré) avecFabrizio Cassol, Michel Hatzigeorgiou, Pierre Van Dormael, Jeroen Van Herzeele, Bo Van der Werf, Otti Van der Werf, Philippe Selam, Guillaume Orti, Andy Elmer, Antoine Praewerman, Chander Sardjoe, Umayalpuram K . Sivaraman, Doudou N'Diaye Rose, Peter Hertmans, Phil Abraham, Erik Vermeulen, Linley Marthe, Zap Mama, Axelle Red, Olivier Thomas, Eric Legnini, Klaus Stotter, Erwin Vann, Bruno Chevillon, Marc Ducret, Jean-Louis Rassinfosse, Pierre Bernard, Ictus Ensemble, Fabian Fiorini, Orchestre Philarmonique de Liège, Geoffroy De Masure, Benoît Delbecq, Peter Graves, Julius Pastorius, Toots Thielemans, David Linx, Stefano Di Batista, Daniel Romeo...

Pirly : Je t'ai entendu pour la première fois au Festival Mondial de Saxophone de Huy avec un groupe de jeunes musiciens. Il y avait dans ce groupe le tromboniste Sébastien Jadot, Eric Legnini au piano et Fabrizio Cassol au saxophone. Vous étiez extrêmement jeunes. Comment ce groupe s'est-il formé?

Stéphane : C'était un groupe formé au Conservatoire de Huy autour de Sébastien. Il voulait expérimenter de nouvelles choses avec des musiciens tout à fait vierges. Eric avait 11 ans et moi 12 et nous étions très enthousiastes à ce que Sébastien faisait et par rapport au jazz. Nous avions demandé à Albert Thyssen, organisateur du Festival et professeur de saxophone au Conservatoire de Liège et de Huy s'il pouvait nous conseiller un saxophoniste pour jouer avec nous au Festival et il nous conseilla un de ses élèves qui jouait du jazz. C'était Fabrizio et il devait avoir plus ou moins 17 ans.

Pirly : Est-ce que tu jouais déjà du jazz avant que Sébastien ne t'ai contacté?

Stéphane : Non, il y avait deux ans que je faisais de la percussion classique. Mais j'avais déjà vu Sébastien jouer du jazz avec d'autres musiciens et je trouvais cela super. Donc j'ai appris sur le tas avec le groupe, sans avoir de connaissance préalable. Je connaissais juste un disque de Louis Armstrong.

Pirly : A 12 ans tu jouais déjà avec Fabrizio ! C'est un bel exemple d'amitié et de fidélité musicale. Est-ce que votre collaboration a toujours été régulière?

Stéphane : Après ce premier concert , nous n'avons plus travaillé ensemble pendant un moment mais nous avions gardé le contact. J'allais l'écouter régulièrement avec Trio Bravo. Puis nous nous sommes retrouvés dans le quintette d'Eric Legnini avec Michel Massot et Jean-Louis Rassinfosse. Ensuite Nasa-Na et Aka Moon. Depuis le Kaaï en 89 cela n'a plus jamais arrêté.

Pirly : Quelles été les influences essentielles de ton apprentissage?

Stéphane : Il y en vraiment beaucoup mais j'ai eu des idoles. J'ai entendu Steve Gadd pour la première fois sous le conseil de Mimi Verderame à l'âge de 14 ans et j'en suis devenu fana pour quelques temps. Puis il y a eu Jack De Jonhette, Elvin Jones...

Pirly : Je me souviens de t'avoir rencontré de retour de la médiathèque avec un dizaine de 33T et j' avais été étonné car tu n'avais loué que des disques de John Coltrane.

Stéphane : Coltrane a été une grande influence mais au début je n'écoutais pas spécialement la batterie. Le premier disque de Coltrane que j'ai eu était "Crescent". J'avais 13 ans et j'ai flashé sur cette musique et encore maintenant j'ai toujours la même impression. Pendant longtemps j'ai écouté Coltrane du matin au soir. Et ce n'est que plus tard lors d'un stage que Dré Pallemaerts m'a fait prendre conscience du jeux d'Elvin Jones. Et quand je l'ai vu en concert au Botanique avec Joe Lovano en 87, cela a été le flash total. Plus récemment, il y a eu un musicien important pour l'évolution de mon jeu, c'est Sivaraman et sa manière de développer des phrases rythmiques. C'était un langage nouveau mais cela sonnait pour moi très familier. Je me suis rendu compte que c'était ça que je cherchais, que j'essayais de faire.

Pirly : Penses-tu avoir intégré beaucoup d'éléments de son jeu au niveau de la batterie.

Stéphane : Oui, énormément mais je n'ai pas eu une démarche vraiment studieuse, je n'ai pas tout décortiqué, tout analysé. Je me suis réellement imprégné de son jeu, de cette manière de changer de vitesse dans un tempo stable. Un autre musicien que j'aime et avec qui on a travaillé avec Aka moon c¹est Doudou N'Diaye Rose. J'ai été l'écouter récemment et il est fabuleux, quel groove, quelle énergie... L'énergie est un point essentiel dans la musique que j'aime. Elvin Jones sur scène dégage une vibration bénéfique. On a le même sentiment en écoutant Doudou N'Diaye Rose et Sivaraman.

Pirly : Le jazz depuis son apparition a évolué en complexité. On parle le plus souvent de l'évolution de la complexité mélodique et harmonique. Pourtant le rythme et les batteurs ont eu un rôle très important dans l'histoire du jazz. Je pense à Max Roach, Kenny Clark et la révolution du be-bop, à Elvin Jones puis au batteurs Jazz-Rock... Comment vois-tu l'évolution de la batterie et l'importance du rythme sur la musique au cours des dernières années?

Stéphane : Des musiciens comme Steve Coleman ou Dave Holland ont amené de nouvelles perspectives. Beaucoup de batteurs maintenant utilisent la polyrythmie et les subdivisions en quintolet ou septolet... et d'ici quelques années tout cela deviendra normal. Il y a une forte évolution de la complexité rythmique depuis une dizaine d'années.

Pirly : Jusqu'au début des années 60 le jazz est une musique mélodico-harmonique, le rythme étant le fond. John Coltrane et Elvin Jones vont proposer une musique mélodico-rythmique où c'est l'harmonie qui servira de fond. Le dialogue pourra se faire entre le batteur devenu soliste et le saxophoniste. McCoy Tyner aura de plus en plus de mal à trouver sa place au sein du groupe. C'est une ouverture vers la polymodalité et la polyrythmie. Aka Moon a ses débuts joue une musique mélodico-rythmique mais maintenant l'harmonie prend de plus en plus de place au sein du groupe.

Stéphane : C'est une gageure de pouvoir gérer l'harmonie avec le rythme et la mélodie. Il faut que la complexité harmonique soit en rapport avec la complexité rythmique et mélodique. Cela ne sert à rien de jouer des accords complexes si il n'y a pas de rapport avec le reste et c'est là que réside le nouveau challenge... du nouveau millénaire.


Maxime Blésin par Paolo Radoni

Nom Blésin Prénom MaximeNaissance 1973
Etudes : musique populaire brésilienne à " A escola lan guest de apefeicoamento musical " de Rio De Janeiro, Antwerp Jazz Studio, Boston (avec Jon Damian)
Instrument : guitare
Projet : Maxime Blésin Quintet (Eric Prost, Mourad Benhammou, Manu Duprey, Sal La Rocca)Discographie : Maxime Blésin Quintet
Il a joué ou enregistré avec : Bruno Castellucci, Paolo Radoni, Eric Prost, Manuel Hermia, Erik Vermeulen, Sa La Rocca,

Paolo: Alors, Maxime, carte d'identité !

Maxime: Je suis né à Nivelles le 11 mai 1973. J'ai passé mon enfance et mon adolescence à Rebecq et j'y vis actuellement. Je suis un vrai campagnard, c'est très important pour moi.

Paolo: Comment as-tu abordé la musique ?

Maxime: Par le plus grand des hasards ! En fait, j adorais la musique depuis mon enfance, essentiellement les chansons du hit-parade . J'avais envie de jouer d'un instrument, mais je ne savais pas lequel choisir. Un jour, mon cousin m'a proposé d'aller suivre avec lui un cours de guitare d'accompagnement à Braine-le-Château. J'avais 14 ans et la guitare ne m'intéressait pas particulièrement ; je l'ai donc suivi pour lui faire plaisir. Résultat : lui a arrêté au bout d'un mois, et j'ai continué ! Par la suite, j'ai acheté une guitare électrique et j'ai joué du rock jusqu'à mes 18 ans. C'est également à cette époque que j'ai découvert les grands chanteurs brésiliens comme Caetano Veloso, Chico Buarque et Joao Gilberto. Cette musique m'a passionné et, après avoir terminé mes humanités, j'ai décidé de partir au Brésil.

Paolo: Nos parcours se ressemblent. J'ai découvert cette musique au même âge que toi, et ça a été une expérience essentielle. C'est une musique où la guitare tient un rôle central.

Maxime: Oui, et la richesse de ses formes et de son harmonie fait que l'on se trouve parfois à jouer des choses incroyables presque sans s'en apercevoir.

Paolo: Comment s'est passé ton séjour au Brésil ?

Maxime: Je suis resté à Rio de Janeiro pendant un an et j'y ai fréquenté une école axée sur la musique populaire brésilienne. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'enseignement y était très rigoureux, voire même dirigiste. Ce séjour m'a fortement marqué, musicalement autant qu'humainement : j'étais parti gamin et j'en suis revenu plus mûr. Toutefois, je n'étais pas encore sûr de vouloir devenir musicien.

Paolo: A partir de là, comment es-tu " entré " dans le Jazz ?

Maxime: Avant mon départ au Brésil, le saxophoniste Stéphane Mercier - qui est un vieux copain - m'avait fait écouter des disques de Jazz qui le passionnaient, notamment de Jackie McLean. Je n'y comprenais pas grand'chose mais ça m'intriguait. Par la suite, pendant mon année d'études à Rio, j'ai eu l'occasion d'apprendre pas mal de standards de Jazz. Curieusement, j'ai donc abordé ce répertoire à travers une sensibilité plutôt brésilienne. A mon retour en Belgique, je me suis inscrit au Jazz Studio d'Anvers, où je suis resté pendant deux ans.

Paolo: Passer de Rio à Anvers n'a pas dû être évident.

Maxime: En effet, la première année a été assez dure. J'ai néanmoins beaucoup appris, notamment avec Pierre Van Dormael et Hans Van Oost. J'ai aussi fréquenté assidûment la Médiathèque pour élargir ma connaissance du Jazz.

Paolo: Si je calcule bien, nous sommes en 1995.

Maxime: Oui, et j'avais encore pas mal d'incertitudes par rapport à la musique et à mon éventuel futur de musicien. C'est à ce moment que Stéphane Mercier m'a invité chez lui à New York. J'y ai passé trois mois et j'y ai rencontré des gens très intéressants, notamment un excellent pianiste, Pete Rende, qui m'a conseillé d'aller trouver John Damian, un guitariste de Boston qui avait été le professeur de Bill Frisell et de Kurt Rosenwinkel. Après quelques mois de travail " en solitaire " à Bruxelles, je suis donc parti à Boston , où j'ai étudié avec John Damian pendant trois mois. Il m'a conseillé notamment de me plonger dans la tradition du Jazz. Dans un certain sens, j'en suis encore là ; je n'ai pas l'impression d'avoir vraiment commencé à travailler tout ce qu'il m'a appris !

Paolo: Puisque tu évoques la tradition, à quel moment de celle-ci peux-tu situer le point de départ de ta démarche de jazzman ?

Maxime: C'est clairement la musique du début des années 50 : Miles, Rollins, Jackie McLean, Milt Jackson. Je connais évidemment Charlie Parker, mais je connais moins tout ce qui a précédé le Bop, mis à part Duke Ellington et Count Basie.

Paolo: Curieusement, les repères chronologiques que tu poses correspondent en gros à l'époque de la naissance et du développement de la guitare électrique….

Maxime: Sans doute, je n'y avais jamais pensé ! En fait, comme je te l'ai dit, je suis devenu guitariste un peu par hasard ; j'aurais tout aussi bien pu devenir batteur ou saxophoniste. J'adore la guitare, évidemment, mais je n'ai pas l'impression d'aborder la musique par le seul biais de mon instrument. De même, je n'ai jamais senti la nécessité de me situer dans le sillage de l'un ou l'autre guitariste, même de ceux que j'adore, comme Wes Montgomery, Kenny Burrell ou Grant Green. Je préfère voir la musique sur un plan plus large. A la limite, j'ai plutôt une conception de sax ténor.

Paolo: Cela peut-il expliquer en partie le fait que tu aies récemment abandonné la technique " doigts " au profit du médiator ?

Maxime: Certainement. Jouer avec les doigts est une technique qui ouvre beaucoup de possibilités, mais ça ne correspondait plus à ce que je voulais exprimer. J'étais bloqué. Le médiator me donne à présent une plus grande efficacité rythmique et je peux faire swinguer la musique comme je le veux : c'est tout ce qui m'importe pour le moment !

Paolo: Une autre chose qui semble importante pour toi, c'est d'avoir ton propre groupe.

Maxime: C'est vrai ; j'ai toujours formé des groupes, dès mes débuts. Mais c'est mon professeur de Boston, John Damian, qui a été le " déclencheur " de ma démarche actuelle. Il m'a appris quelques règles de composition et m'a encouragé à suivre cette direction. J'ai composé mes premiers morceaux à mon retour en Belgique et, après quelques tentatives infructueuses, j'ai rencontré au festival de Calvi, en Corse, des musiciens avec lesquels j'ai senti immédiatement que je pouvais former un groupe : c'est avec eux que je joue maintenant et j'en suis très heureux.

Paolo: C'est également avec ces musiciens que tu as enregistré ton premier CD l'année dernière. A ce propos, je crois savoir que tu fais tes prises de son toi-même….

Maxime: Oui. Le point de départ de cette démarche a été que, souvent, certains groupes que j'avais adoré en concert ne " sonnaient " pas du tout sur disque. Or, pour moi, la musique c'est le son avant toute chose. Au fil du temps je me suis donc intéressé à la prise de son et j'ai l'intention de continuer dans cette direction. Le premier CD sonnait très " live " et c'était voulu. Le prochain sera différent, il y aura de nouvelles compositions et j'ai l'intention d'utiliser davantage les possibilités du studio, d'autant que j'en ai installé un chez moi. En fait, l'idéal pour moi serait de changer de son et de conception pour chaque nouveau disque !

Paolo: Avec les mêmes musiciens ?

Maxime: Pourquoi pas ? Nous nous entendons très bien musicalement et humainement. Le répertoire du premier disque était assez " carré ", il est vrai, mais ça nous a permis d'acquérir une cohésion et une connivence telles que nous pouvons aborder à présent des formes plus ouvertes et des concepts musicaux différents.

Paolo: A découvrir lors de votre jazz tour ?

Maxime: Absolument !

APPELS D'OFFRE

La saison 1999/2000 touche à sa fin et la programmation de la saison prochaine est déjà bien avancée. Cependant, il est encore temps d'envoyer votre candidature pour notre festival qui aura lieu en 2001 au Botanique. Nous attendons les propositions des musiciens créateurs et entreprenants qui ont de la musique en tête et des idées à proposer pour continuer à développer un festival créatif et original.

Le jazz-tour 2000/2001 quant à lui est déjà bouclé, mais vous pouvez dés à présent nous faire parvenir vos propositions si vous voulez tourner en Wallonie et à Bruxelles (4 dates) avec votre groupe pour la saison 2001/2002.

Deadlines:
Envoyez-nous vos projets, idées, documents sonores et textes aux Lundis d'Hortense, 11 rue Traversière, 1210 Bruxelles, ou contactez-nous au 02 219 58 81, ou par e-mail: ldh.jazz@wanadoo.be avant le:
15 septembre 00 pour le festival 2001
20 décembre 00 pour le jazz tour 2001-02

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