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février 02, 2001

    N°29 - 1e TRIMESTRE 2000
Dans ce numéro :
  • AGENDA : JAZZ TOUR, MIDIS JAZZ ET LE FESTIVAL
  • INFOS : PLATE-FORME ET INTERNET
  • INTERVIEWS - JEROEN VAN HERZEELE ET BO VAN DER WERF

Jazz tour

Ben Ngabo

Né en 1963 au Rwanda dans une famille d'artistes traditionnels, Ben a reçu dès son plus jeune âge l'apprentissage artistique des traditions de son pays par la filiation parentale. Très jeune, il participe aux innombrables instants où la musique et la danse rythment le quotidien de la vie africaine… aujourd'hui Ben Ngabo est un artiste accompli qui, à travers son art, communique son message de paix, d'amour et de respect mutuel ; il milite contre le racisme, l'injustice et toutes les formes d'exclusion. Exilé de son pays, il reste un ambassadeur culturel de la tradition rwandaise à travers le monde. Son projet actuel démontre au public les racines originales de la musique de son pays...

Ben Ngabo VoixManu Hermia SaxBilou Donneux BatterieNicolas L'Herbette BassePierre Van Dormael GuitareAnne Wolf ClaviersMichel Seba PercussionsHervé Twahirwa voix et danse


Greetings From Mercury

Emanation de son trio, le groupe de Jeroen Van Herzeele quitte les sentiers battus pour s'aventurer en dehors des frontières du jazz et surprendre son public avec un délicieux et omniprésent goût du risque. Dès que le groupe se met à jouer, il nous entraîne dans ses grooves, comme s'il s'agissait de lieux qu'on explore au delà des limites des challenges musicaux possibles. Souvent, les quatre instruments intervertissent leurs rôles : la batterie joue la mélodie, le saxophone donne le rythme, cela donne de nouvelles improvisations collectives, une musique à la fois brute, libre, bien balancée, sexy, complexe et simple, sans aucun artifice…Ce groupe est une brèche dans les cloisonnements du jazz, il fait découvrir un son nouveau, même à ceux qui croient avoir déjà tout entendu...

Jeroen Van Herzeele SaxPeter Hertmans GuitareOtti van der Werf BasseStéphane Galland BatterieSteven Segers VoixMichel Andina Sitar


Olivier Collette Quartet

Le groupe interprète les compositions du pianiste-leader. Celles-ci forment un univers varié, doux, lyrique tout en restant énergique. On y sent l'influence du jazz moderne (Keith Jarrett, Jan Garbarek, Diederik Wissels,…) mais également de la musique classique (Debussy, Ravel…).

Olivier Collette PianoNicolas L'Herbette BasseMimi Verderame BatterieKurt Van Herck Sax


Soul & Sour Jazz Quartet

Un jazz moderne où se rencontrent des grooves soul et des walkings traditionnels permettant tour à tour de donner du relief aux rythmes ou aux mélodies. Le son global du groupe permet grâce à son orchestration de projeter des sonorités traditionnelles aussi bien que modernes, voire avant-gardistes. La combinaison orgue hammond - guitare n'est pas gratuite, mais bien exigée par le style des compositions. En outre, le travail collectif participe autant à ce son de groupe que les arrangements. Edouard Ferlet, ici à l'orgue, est un jeune pianiste parisien très prometteur, primé au Berklee College of Music et au Festival de Vienne...

François Decamps GuitarePiet Verbist ContrebasseEdouard Ferlet Orgue hammond Marek Pratman Batterie


Happy

Bo Van der Werf Sax barytonOtti Van der Werf BasseStéphane Galland BatterieKris Defoort Piano


Marco Locurcio Group

Après la sortie de son dernier CD " Buddies " - collaboration très enrichissante avec Peter Hertmans - l'énergie musicale du jeune guitariste Marco Locurcio se concrétise dans un projet de nouvelles compositions originales. Du jazz moderne qui mélange groove et mélodies ensorcelantes. La variété des atmosphères musicales (électriques et acoustiques) fortement marquée par la multiplicité des solutions guitaristiques, s'ancre au mélange timbrique des deux saxophones et à une solide rythmique.

Marco Locurcio GuitaresCezariusz Gadzina Sax altoNicolas Kummert Sax ténorAlexis Tuomarila PianoPiet Verbist ContrebasseFabio Locurcio Batterie


Midis jazz

Lundi 14 février à 12 h 30 Pierre Van Dormael : guitare solo

" La musique a (malgré son jeune âge) une telle diversité de styles, de raisons, de facettes et de charmes pour se faire aimer, elle peut nous intéresser par tant d'aspects - parfois différents jusqu'à la contradiction - qu'aucun groupe, bien que ce soit un rêve à ne jamais abandonner, ne pourrait les cerner. Lorsqu'un musicien joue en solo, il est confronté entièrement à tous les trésors découverts, tout ce qu'il a pu aimer et apprendre sur son parcours, avec pour seules limites son instrument. "
Après un an de vendredis au Kaai, dont un concert marathon de trois heures, Pierre Van Dormael a joué en solo dans différents festivals : Oupeye (Liège), Mulhouse (France), Festival des " cordes pincées " à Rabat (Maroc), et également au Fool Moon (Bruxelles).


Vendredi 3 mars à 12 h 30 Michel Debrulle : " Rêve d'éléphant "batterie - grosse caisse de Binche solo

Ce solo est né de compositions pour un spectacle de danse. Il en découle une approche organique des sons imprégnée de musique européenne, de jazz et de voyages d'études en Inde et à Cuba. La musique de Michel Debrulle se caractérise par un désir d'une grande lisibilité auditive et imaginative pour les corps sans complaisance, ni " folklorisme ".
Parallèlement à ce solo qui fait partie d'un tryptique musical (solo - trio - septet Rêve d'éléphant orchestra), Michel Debrulle participe activement à différentes formations avec le clarinettiste-saxophoniste français Laurent Dehors, dont le Tous Dehors big band et le Trio Grande.


Lundi 27 mars à 12 h 30 Lindsey Horner : contrebasse solo

Lindsey Horner est originaire de New York City mais a passé beaucoup de temps en Belgique depuis ces deux dernières années. Il a joué, tourné et enregistré avec Bill Frisell, Joey Baron, Muhal Richard Abrams, Pharoah Sanders, etc. En Belgique, il a fondé son propre groupe avec Erwin Vann. Pour ce concert solo, Lindsey interprétera quelques uns de ses morceaux préférés de Leonard Bernstein, Thelonious Monk et Turlough O'Carolan.


Lundi 3 avril à 12 h 30 Fred Van Hove : piano solo

Actif depuis les années 60 dans le domaine de la musique improvisée, fondateur (et toujours président) du " Werkgroep Improviserende Musici ", Fred van Hove est un phénomène musical dont la réputation s'étend bien au-delà de nos frontières (il a d'ailleurs été nommé Ambassadeur Culturel de Flandre en 96 et 97).
Il a longtemps collaboré avec le saxophoniste allemand Peter Brotzmann - avec qui il enregistra le légendaire " Machine Gun " en 1968, un des disques les plus marquants du free jazz européen - et le batteur hollandais Han Bennink. Il a aujourd'hui 50 CDs et nombre de compositions à son actif, entre autres de la musique pour le théâtre et la danse. Il se produit régulièrement en solo, au piano ou à l'orgue d'église, ainsi que dans diverses formations, dont son " Nonet " dont les membres comptent parmi les meilleurs improvisateurs européens.

INTERVIEWS
Jeroen VAN HERZELE / Bo van der WERF, conversation croisée
Nom : VAN HERZELE Prénom : Jeroen Naissance : 1965
Études : Antwerp Jazz Studio (avec Dave Pike, Peter Hert-mans, John Ruocco), Kunsthumaniora (Bruxelles)
Instruments : saxophones ténor & soprano
Projets : Greetings From Mercury, Ode For Joe, Määk's Spirit, Octurn Discographie : "At The Crossroads" (1995), "Ode For Joe" (1996), "Greetings From Mercury" (1998), "Live" (1998, Määk's Spirit), "Continuance" (1999), "Caribbean Fire Dance" (1999) A joué (ou enregistré) avec : Fabrizio Cassol, Kris Defoort, Nathalie Loriers, Wissels-Linx Quartet, Peter Hertmans, François Descamps, Ivan Paduart, Nicolas Thys, Chris Joris, Toots Thielemans, Philip Catherine, Ivan Paduart, Michel Hatzigeorgiou, Dave Pike, Alice's 5 Moons, Act Big Band, Sax No End, etc.
Élu Django d'Or 1999
Nom : van der WERF Prénom : Bo Naissance : 1969
Études : School for the Arts (Amsterdam), Conservatoire d'Hilversum (1988-93), Workshop avec Gary Smulyan
Instrument : saxophone baryton
Projets : Happy (Bo vdW, Kris Defoort, Otti van der Werf, Stéphane Galland), Octurn
Discographie : "Chromatic History", "Ocean" (Octurn) ; " Ganesh ", "Elohim" (Aka Moon) ; "The September Sessions" (Brussels Jazz Orchestra) A aussi joué (ou enregistré) avec : Hamiet Bluiett, Aka Moon, Brussels Jazz Orchestra, Félix Simtaine, Gary Smulyan, Pierre Van Dormael, Deep in the Deep, etc.
Élu meilleur baryton belge 1998 (critiques et public)
Le jazz est, par essence, composite.

Il est bouillonnement, métissage, confrontation.

Il peut, il doit se nourrir d'apports culturels hétérogènes autant que de sa propre histoire, quitte à la détourner. C'est ce qui lui permet de vivre, de se réinventer, en refusant de se ranger et de s'engluer dans ses vieux triomphes. Chacun de son côté (et parfois ensemble), Jeroen Van Herzele et Bo van der Werf font, sans jamais avoir à renier leur propre tradition, une musique qui est strictement d'aujourd'hui. Une musique forte, fervente, multiple, pleine de cohérence et de contradictions. Une musique pour dire et pour rire. Une musique grave, finalement, qui met sans cesse l'utopie en accusation et sans cesse la couche dans son lit.

La maison de Jeroen date des années trente. Acquise récemment, elle reçoit une remise à neuf, en famille. Le bonnet de laine ferait passer Jeroen pour un matelot-pêcheur. Tandis qu'Anne s'affaire à mille choses et trouve le temps de nous servir le thé, Papa Van Herzele (Cléé, le père de Jeroen) applique sur les murs du séjour une énième couche de peinture. Le jardin, assoupi, attend le printemps. Il s'égayera bientôt aux éclats de rire d'Héloïse et Selim (5 et 2 ans). Aujourd'hui, en cet automne mal défini, les arbres dénudés frémissent dans l'après-midi froid et beau. Un ciel si blanc, une lumière si douce...

En attendant l'arrivée de Bo pour une conversation croisée, Jeroen évoque ses projets actuels et futurs. Avec enthousiasme et lucidité.



Q/ Tu collabores à plusieurs ensembles de styles assez différents. Parle-nous de l'évolution de Greetings From Mercury au fil des années.
J.V.H. J'avais choisi, pour mon premier disque (" At the Crossroads ", 1995, avec Peter Hertmans et Stéphane Galland), un trio sans basse, parce que j'avais découvert le trio de Joe Lovano avec Bill Frisell et Paul Motian, et que j'aimais énormément cette couleur, c'est très planant. J'ai alors commencé à écrire des morceaux pour ce groupe. Une basse (Otti Van der Werf) a été ajoutée, ensuite un rapper (Steven Segers), et le groupe est devenu Greetings from Mercury . Tout récemment on a ajouté Michel Andina (sitar). Je crois que nous sommes arrivés à une géométrie de croisière.
Q/ C'est pour modifier le son que tu ajoutes de nouveaux éléments, ou pour expérimenter ?
J.V.H. Tous les musiciens consacrent beaucoup de temps et d'énergie à chercher, et à se chercher. Moi aussi, j'aime chercher, expérimenter, par exemple par l'addition du rap. Le rap a permis d'accéder à un autre public. Les lyrics sont importants. Pour le message. Mais c'est le mélange des genres qui est intéressant, le pop, le blues. Il est essentiel d'ouvrir le jazz vers un public plus large, parce que le jazz " traditionnel " ne se joue plus que pour un public très sélectionné. Les clubs de jazz " pur " disparaissent. Pour que le jazz survive, il faut l'aérer. Mais je dois reconnaître que ce jazz " pur " m'est aussi tout à fait indispensable, j'ai besoin de la tradition. Et c'est le pourquoi des groupes comme Ode For Joe, Määk's Spirit, qui transmettent des langages proches d'Ornette Coleman, Joe Henderson. Et, pour remonter plus loin, Louis Armstrong, le blues sont également très importants pour moi. Ainsi que le folk, le rhythm 'n blues, en fait toute l'histoire du jazz et ses héros, comme Ellington, Mingus. C'est essentiel.
Q/ Lequel de ces différents ensembles reflète le plus fidèlement tes goûts personnels ?
J.V.H. Tous ces groupes sont nécessaires au côté caméléon qui est en moi.
Q/ Tu ne rêves pas d'un groupe fixe, stable, soudé, marqué de ton empreinte ?
J.V.H. Un groupe fixe, oui, ce serait magnifique. Greetings From Mercury s'en approche assez, mais tout le monde est malheureusement trop occupé. Aussi, Määk's Spirit, le groupe avec Laurent, Nic, Éric, Anne et Galia : je sens qu'il y a un formidable potentiel au sein du groupe, ainsi qu'une très bonne énergie entre les musiciens, ce qui est assez rare. Mais ce n'est pas facile. Je m'occupe de tout (surtout pour Greetings) : le management, les contrats, l'administration, et j'écris la musique.
Q/ Aussi pour Ode For Joe ?
J.V.H. Ode For Joe est plutôt une collaboration avec Peter (Hertmans), c'est aussi un projet plus facile, puisque le répertoire vient essentiellement de Joe Henderson, donc pas de compositions personnelles.
Q/ Tu as eu l'occasion de rencontrer Joe Henderson ?
J.V.H. Seulement une fois, très brièvement, lorsqu'il jouait au Travers. C'est ce jour-là que m'est venue l'idée d'Ode For Joe, idée qui germait déjà depuis que j'avais découvert les disques Blue Note d'Henderson de 1964, avec McCoy Tyner et Elvin Jones . Également ses disques Milestones des années 70 avec, entre autres, Ron Carter et Herbie Hancock. J'adore toute cette musique, les compositions de Joe, mais aussi ses improvisations.
Q/ Aussi ses derniers disques, comme " Porgy And Bess " ?
J.V.H. Oui, il n'était malheureusement pas assez reconnu pendant la période où il a produit ses meilleurs disques. Ces trois groupes m'occupent donc beaucoup. Non, en fait, il y en a quatre : Octurn, Ode For Joe, Määk's Spirit et Greetings From Mercury : c'est ici que j'essaie de concentrer mon énergie. C'est déjà beaucoup.
Q/ Tu as joué au Knitting Factory à New York, en 1997. C'était un choc ?
J.V.H. Pas vraiment. C'était avec Octurn. On jouait dans la petite salle. Le choc, c'était de jouer pour le même public qu'à Bruxelles, hormis une demi-douzaine de New-Yorkais. Tous les Bruxellois avaient fait le déplacement, on n'était vraiment pas dépaysés.

(entre Bo)


Q/ Ton quintet Happy Reunion est devenu quartet depuis le départ de Fabrizio Cassol : tu restes le moteur de ce groupe.
B. v.d.W. Oui, c'est moi qui le dirige. Le quartet s'appelle " Happy ". On prépare une tournée des Lundis pour mars-avril 2000. Happy recevra pour l'occasion une nouvelle musique, sur laquelle je travaille beaucoup. Mais on apporte tous les quatre beaucoup d'idées, c'est un travail en commun.
Q/ C'est ta priorité actuelle ?
B. v.d.W. Ça varie d'un mois à l'autre. Je prépare un projet pour décembre, avec Octurn, qui implique beaucoup de monde et beaucoup d'énergie. Je m'occupe de tout canaliser et de diriger le groupe, c'est mon activité principale du moment. Ça, et Happy, dont les activités vont s'étaler sur toute l'année 2000. On a décidé de reporter l'enregistrement d'un nouveau disque avec le nouveau répertoire, afin de laisser mûrir la musique encore quelque temps.
J.V.H. Octurn représente le seul groupe de jazz, avec les Brussels Jazz Orchestra, à recevoir des subsides en Belgique.
B. v.d.W. Oui, on a obtenu un contrat-programme de la Communauté flamande, étalé sur quatre ans. Sans ça, les projets ne pourraient pas se faire. Ça nous a permis de demander à plusieurs compositeurs d'écrire un nouveau répertoire pour le groupe, dont Denis Pousseur, Walter Hus, Frédéric Rzewski et Kenny Werner.
Q/ Tu as eu l'occasion de jouer dans un contexte ethnique ?
B. v.d.W. On a fait un projet avec Aka Moon et Doudou N'Diaye Rose, c'était passionnant. Pour réussir un tel projet, il faut comprendre la musique de l'autre dans son essence, c'est avant tout une question de respect envers une autre culture musicale. C'est ce que fait Fabrizio Cassol avec Aka Moon, leurs multiples projets avec des musiciens indiens suivent cette voie-là également. C'est un travail en profondeur.
Q/ Les projets, les rêves ?
B. v.d.W. Octurn, mon quartet Happy, en écrire la musique, enregistrer. Je veux composer de plus en plus, c'est ce que j'étudie pour l'instant. Le travail de composition m'intrigue, et me fascine.
Q/ Tu passes plus de temps le crayon à la main ou en train de jouer ?
B. v.d.W. J'essaie de trouver un équilibre, c'est important mais difficile. Et ça évolue. Mais je sens bien quand il est temps de reprendre mon instrument. Je travaille aussi sur un film que j'ai tourné l'année dernière en Inde, et dont on commence le montage ces jours-ci. C'est un documentaire sur un de mes maîtres, Satyajit Ray, cinéste indien qui m'a fait découvrir et aimer le cinéma, il y a bien longtemps. Ray est un autodidacte qui a atteint un très haut degré de perfectionnement dans la finesse, la subtilité et la justesse psychologique de ses personnages et de ses histoires. Sa maîtrise de l'art cinématographique est devenue synonyme d'un certain classicisme, et ses films sont devenus des références incontournables. Son style est immédiatement reconnaissable, surtout peut-être les films précoces, dont la trilogie d' " Apu ", " Le salon de musique ", " Charulata ", " La grande ville " : toutes des petites merveilles. On a ramené du Bengale 72 heures de rushes, qu'il s'agit à présent de condenser pour aboutir à une durée d'environ une heure et demie. Ensuite, il me faudra composer la musique du film.
Q/ C'est donc entièrement ton projet ?
B. v.d.W. C'est mon projet, mais j'avais une équipe de professionnels pour le tournage. J'étais le seul amateur sur le plateau.
J.V.H. Mes projets : Octurn, Greetings From Mercury et Määk's Spirit. Mais aussi écrire de nouvelles compositions, qu'on va travailler ensemble, donc écrire ensemble, composer en jouant ensemble. Et avec Greetings, on utilisera les danseurs pour certains concerts. Mais, jusqu'à présent, les danseurs dansent généralement avec la musique, mais pas dans la musique, parce qu'ils ne la connaissent pas vraiment. Je veux intégrer la danse dans la musique. Antoine Prawerman travaille avec les mêmes gens.
Q/ Comment composes-tu : papier-crayon ?
J.V.H. Non. Par les rencontres, avec le saxophone, même l'harmonie, parfois avec l'ordinateur, j'ai aussi un piano acoustique. Je ne compose pas vraiment avec l'ordinateur, mais il m'est utile pour réécouter des idées que j'y ai introduites.
B. v.d.W. Je compose le plus souvent à l'ordinateur, sans instrument. Ça permet d'essayer des tas de choses. Depuis que mes problèmes de voisinage m'empêchent de jouer chez moi, je travaille beaucoup de cette façon. Mon voisin m'a donné un fameux coup de pouce; au début je lui en voulais beaucoup, mais grâce à lui, je compose aujourd'hui bien plus, j'ai presque envie de lui dire merci !Background, influences
Q/ Bo et Otti, deux frères musiciens, c'est un hasard, ou ton milieu famillial était musicien ?
B. v.d.W. Mon grand-père était musicien. Il jouait beaucoup, dans les années trente et quarante, sans vraiment vivre de sa musique. Il composait et jouait de la clarinette, saxophone violon et piano.
Q/ Et toi, Jeroen ?
J.V.H. (invitant son père le "peintre" à se joindre à nous) Oui, mon père, que voila, était, et est encore musicien.Cléé V.H. (la brosse à la main) Je joue toujours, mais seulement en amateur : guitare, contrebasse, trombone et tuba. Tous des intruments de basse. J'ai appris au sein d'une fanfare.
J.V.H. J'ai été plongé dans cette atmosphère musicale depuis ma plus tendre enfance, et la musique était également présente par les disques. Le premier disque qui m'a vraiment impressionné, tout gamin, était un Coltrane, " A Love Supreme ", que mon père venait d'acheter.Cléé V.H. Le virus de la musique était déjà présent chez mon père. À Zottegem, nous étions un groupe d'une demi-douzaine de fêlés du jazz. Toots [Herman De Vos] était notre copain. C'étaient les années bebop, J.J. Johnson, les Jazz Messengers, ensuite Coltrane.
Q/ Jeroen est donc tombé dans le chaudron tout petit.Cléé V.H. Inconsciemment, tout ça a dû faire son chemin dans sa tête.
J.V.H. Je n'ai jamais suivi beaucoup de leçons de jazz, je n'ai pas fait de conservatoire. Mon expérience live datait de ma petite enfance. Plus tard, je me suis mis naturellement à jouer des standards du jazz. Les humanités musicales (kunsthumaniora) ont été importantes pour moi : j'ai eu la chance d'y travailler beaucoup sur une courte période, entre 15 et 18 ans. Ça m'a appris la discipline et, comme j'étais en internat, j'avais l'occasion de travailler dur, sans trop de distractions extérieures.
Q/ Quelles ont été tes influences les plus fortes, musicalement parlant ?
B. v.d.W. C'est tellement énorme comme sujet ! J'ai peur d'en oublier la moitié. Pour citer les incontournables…
Q/ Mulligan ?
B. v.d.W. Non, pas lui, avec tout le respect que je lui dois… Ce ne sont pas seulement des musiciens qui m'ont influencé. Il n'y a pas non plus que les chefs de file. N'oublions pas tous ces musiciens bourrés de talent et dont on ne parle pas ou peu.
Q/ Essayons peut-être de classifier : le hardbop, ça fait partie de tes racines ?
B. v.d.W. J'en ai beaucoup écouté, mais de là à dire que ça m'a influencé… Je ne pense pas. Parlons plutôt de Coltrane, c'est un must.
Q/ Les années Prestige ?
B. v.d.W. Tout son parcours, de A à Z, est riche d'enseignements : son évolution personnelle comme saxophoniste, ses choix radicaux, ses influences, sa vision lumineuse, etc. Il y a aussi la musique classique. Bach, évidemment.
J.V.H. J'ajouterais des influences de musiciens non-saxophonistes. Je cherche plutôt des influences ailleurs que chez les instrumentistes : Ellington, Mingus, Monk.Enseignement
Q/ Bo, tu participes au stage d'été des Lundis, où tu es responsable d'une classe de saxophone. Tu consacres beaucoup de temps à l'enseignement ?
B. v.d.W. Non, en dehors de cours particuliers, le stage des Lundis est mon seul engagement d'enseignant. J'aime beaucoup ça, c'est surtout une expérience humaine très forte. On est isolés dans les bois pendant une semaine, la musique est la seule raison d'être là, qu'on soit stagiaire ou professeur. De nombreux stagiaires craquent d'ailleurs vers la fin du stage, parce qu'ils ont vécu toute une semaine sur un nuage. Mais je ne suis pas sûr que j'aimerais faire ça toute l'année, peut-être bien après tout, je n'en ai pas l'expérience.
J.V.H. J'ai l'impression qu'un stage d'une semaine à épisodes réguliers est plus profitable qu'un cours d'une heure chaque semaine, comme c'est le cas au conservatoire ou dans l'enseignement en général. Surtout en groupe, comme au stage des Lundis. Le danger qui guette les élèves de conservatoire ou d'académie de musique, c'est que la matière acquise pendant les cinquante minutes de cours hebdomadaires sera oubliée d'ici le prochain cours.
Q/ Que penser des musiciens qui se lancent dans la vie professionnelle sans être passés par aucune école ?
J.V.H. C'est probablement encore possible, mais sûrement très difficile. Les conservatoires servent à transmettre une information. Ce n'est pas aussi direct que d'apprendre sur le tas, en écoutant les aînés… Et cinq années de conservatoire ne font pas de toi un musicien. Tu as encore besoin d'années de contacts et d'expériences, de jouer autant que possible avec d'autres musiciens.Le jazz tous azimuths
Q/ Les apports comme le hip-hop, le rap, ça représente l'avenir du jazz ? Ou un signe de déclin ?
B. v.d.W. Il faut considérer que le classicisme du jazz est là pour rester, ce sont des formes parfaites. Tous ces nouveaux phénomènes qui s'accrochent au jazz font partie de cette recherche tous azimuths, qui est très forte depuis quelques années. Mais je me demande si le milieu pop n'est pas plus créatif que le jazz, depuis un moment. En tous cas quantitativement.
Q/ Jeroen, tout à l'heure, récusait le mot jazz.
J.V.H. Oui, je préfère parler de musique improvisée. Le mot jazz est trop limitatif, il ne représente plus ce qui se produit, sur scène ou en studio.
B. v.d.W. Si l'on considère les mouvements proches de la techno ou de la drum and bass, il y a chaque jour deux nouveaux courants qui se créent, et qui reçoivent de nouveaux noms.
Q/ L'Europe n'est pas un peu à la traîne dans ce domaine ?
B. v.d.W. Londres est quand même un centre incontournable…
J.V.H. Mais surtout New York, évidemment… Bien que New York garde aussi son côté très classique, avec des groupes qui jouent terriblement rétro, presque revival.
Q/ C'est utile, le revival ?
B. v.d.W. Ce sont des gens qui préservent la tradition. En ce sens, ils sont utiles. Il faut des gens pour préserver et transmettre. En règle générale, il vaut mieux prendre les choses à la base. Kenny Garrett, par exemple, a beaucoup travaillé avec Art Blakey. Il est vraiment allé à la source. Quand on voit ce qu'il fait maintenant, c'est vraiment magnifique.
Q/ Jeroen, as-tu vraiment dit ou écrit cette phrase, qui t'est créditée sur la pochette d'un de tes disques : " …déborder des cloisonnements du jazz et faire entendre un son nouveau, même à ceux qui croyaient avoir tout entendu… " ?
J.V.H. Ce n'est pas de moi (rire). C'est une phrase de l'éditeur. Je n'oserais jamais dire une chose pareille.
Q/ Ce n'est donc pas toi ?
J.V.H. Non. Ça va trop loin, et ce n'est pas nécessaire.
Q/ Est-ce qu'il y a des géants depuis Coltrane, mort en 1967 ?
B. v.d.W. Tout dépend de ce que l'on appelle géant. Il y a des géants de l'instrument, il y a des maîtres, des gens comme Rollins parmi les vivants, ou Joe [Lovano], des gens extraordinaires. De là à les comparer à Coltrane… Coltrane, c'est différent, il a construit tout un monde, Parker aussi, il a révolutionné la musique.
J.V.H. Je citerai des saxophonistes " soulful ", tels que Pharoah Sanders, George Adams ou Roland Kirk. Et, en dehors des saxophonistes, John Scofield.
Q/ Quelle a été la meilleure révélation parmi les saxophonistes, ces dix dernières années ?
J.V.H. Selon moi, un des seuls qui, aujourd'hui, a le potentiel, c'est Steve Coleman.
B. v.d.W. C'est ce que j'allais dire. Il n'y a pas de mystère, c'est la révélation. Et c'est quelqu'un qui approfondit toutes ses expérimentations.

Jouer le jazz


Q/ Est-ce que votre musique raconte une histoire, ou est-ce qu'elle transmet un message, ou de l'énergie, ou est-ce qu'elle sert à délasser ?
J.V.H. J'aime qu'un spectateur vienne me voir après le concert pour me dire que ma musique lui a donné de l'énergie. J'aime aussi le mélange suscité par Steven [Steven Segers, rap], le message porté par ses textes.
B. v.d.W. La musique, au départ, est un véhicule vers l'émotion. Il faut avant tout toucher les gens. Que ce soit au niveau formel, énergétique, intellectuel, peu importe. La musique doit susciter une émotion, une réaction et une réflexion, à un niveau conscient ou inconscient. La façon de recevoir une musique sera différente d'un auditeur à l'autre, selon son état d'esprit, selon son background. Fais écouter un disque de Jeroen à deux auditeurs, l'un situé en Belgique, l'autre vivant dans la campagne chinoise, ils n'entendront pas la même chose. L'essentiel, c'est de toucher les deux auditeurs. Il faut décrypter cette émotion.
Q/ Qu'est-ce qu'un saxophoniste doit faire pour acquérir un style personnel : travailler l'harmonie, le phrasé, ou se concentrer sur la sonorité ?
J.V.H. Une combinaison de tout ça. Le son est très important. Je travaille le son sans arrêt. J'y travaillerai toute ma vie, probablement. Ce n'est pas que je cherche à atteindre un certain son bien particulier, non, ce que je recherche, c'est une qualité de son. J'ai un son en tête. Le son est beaucoup de choses : c'est le phrasé, c'est le timbre, ça peut être l'harmonie. Techniquement, j'ai dépassé les problèmes de combinaison de bec et d'anches. Mais il me faut encore travailler, ma sonorité s'est fort améliorée, mais c'est un domaine où l'on cherche toujours, tout comme on cherche en harmonie.
Q/ Tu n'es pas tenté par d'autres instruments que le baryton ?
B. v.d.W. Pas pour l'instant, non.
J.V.H. L'alto, non ?
B. v.d.W. Oui, j'aime l'alto, mais je ne sais pas en jouer.
Q/ Quelle est la nature de ta relation avec le saxophone ?
J.V.H. J'aime cet instrument parce qu'il est très proche de la voix humaine. Mais ma voix est très mauvaise ! (rire).
Q/ Tu parles du ténor ?
J.V.H. Non, tous les saxophones. Et aussi, l'expression est très directe, par le souffle. C'est corporel. C'est physique.
Q/ Qu'est-ce que tu attends de la section rythmique ?
J.V.H. Une interaction, une couleur, la mélodie.
B. v.d.W. Je travaille beaucoup depuis un moment avec deux batteurs, Stéphane Galland et Chander Sardjoe ; ce sont deux techniciens exceptionnels, bien qu'ils aient des styles très différents. L'extraordinaire avec des rythmiciens de cet ordre, c'est qu'ils te font jouer des choses que tu ne jouerais pas normalement, en d'autres circonstances. Ils te fournissent une nourriture constante, un déluge d'informations à prendre, à trier. Et ils sont à l'écoute aussi, c'est donc un dialogue permanent. À ce titre, ce genre de batteurs dépasse, et de loin, la simple assise rythmique.
Q/ Quelle est la formation idéale ?
J.V.H. J'aime expérimenter toutes les formules, en partant du duo avec batterie, que j'apprécie beaucoup, comme l'ont fait Coltrane et Archie Shepp, Coltrane avec Rashied Ali, Shepp avec Max Roach. J'ai fait un concert live en duo, l'été dernier, avec Stéphane Galland, en impro, où on a repris les six thèmes de l'album " Interstellar Space ", de Mars à Saturne, c'était formidable. On va peut-être continuer, et avec d'autres musiques aussi. Il y a aussi le solo absolu, évidemment. J'ai fait un concert, au ténor, une quarantaine de minutes, en public, totalement improvisé. Difficile. J'avais pas mal écouté Rollins. John Ruocco fait ça aussi régulièrement, comme dans ses cours, il n'accompagne jamais, c'est intéressant, j'aime bien.
B. v.d.W. Le solo absolu ne m'attire pas trop, probablement parce que je ne m'en sens pas capable. Peut-être, un jour… Mais il faut être solidement prêt pour tenter ce genre d'expérience. Rollins, Lacy l'ont tenté. C'est extraordinaire. Au baryton, il y a eu Hamiet Bluiett, dans les années septante, en solo mais avec d'autres instruments. La formation idéale pour moi est le trio saxophone-basse-batterie, une formule qui est ouverte à tous les possibles. J'aime beaucoup jouer en quartet également, avec piano ou guitare. Mais c'est essentiellement une question d'affinité musicale avec les autres musiciens.
J.V.H. Ce que j'aime aussi beaucoup dans les duos souffleur-batterie, c'est Don Cherry et Ed Blackwell : c'est d'une grande liberté mélodique et harmonique. Et dans la tradition, j'adorais les trios, ceux de Sonny Rollins par exemple, en live au Villlage Vanguard, avec Elvin Jones et … je ne me souviens jamais des contrebassistes .

Public et scène, échanges et interactions


Q/ Vous avez des contacts réguliers avec des musiciens américains ? Et est-ce que New York ou la côte Ouest sont des pôles d'attraction pour vous ?
J.V.H. Mon attirance vers les USA est limitée et liée à Joe [Lovano], mais il faut avouer que ça fait du bien d'y aller régulièrement, pour des jams, pour écouter, pour rencontrer des gens…
B. v.d.W. C'est vrai que chaque séjour à New York donne un kick, mais je suis convaincu que c'est plus la ville elle-même que sa musique. La ville demande et donne beaucoup d'énergie. Et il y a un nombre invraisemblable de musiciens de très haut niveau. Par contre, et pour reparler de Steve Coleman, il ne joue quasiment jamais aux États-Unis, il vient jouer en Europe. Son public est essentiellement européen. Greg Osby parlait de ça tout récemment dans une interview, et son dernier disque s'appelle " Banned in N-Y ", c'est tout dire !… Ce n'est pas que le public n'évolue pas, il y a énormément de choses nouvelles qui se passent à différents niveaux, mais on peut constater que leur musique n'est pas encore vraiment reconnue comme elle le mériterait.
Q/ Le jazz belge, ça existe ?
J.V.H. Non. Beaucoup de choses se passent en Belgique, mais sûrement tout autant en Angleterre ou en France. Ce qui est dommage, c'est que les musiciens ont trop tendance à s'enfermer dans leur pays, ils devraient s'ouvrir beaucoup plus, passer les frontières. Autrefois, dans les années cinquante, les musiciens bougeaient beaucoup plus, ils voyageaient, ils se rencontraient. Cet enfermement relatif fait courir le risque que des musiques se développent dans des directions différentes, selon qu'on soit en Belgique, en Allemagne ou en Italie.
B. v.d.W. C'est vrai que chaque pays offre certaines particularités, mais de là à clamer l'existence d'une scène belge, d'une scène hollandaise, d'une scène française, ça entraînerait un cloisonnement qui n'existe pas réellement.
Q/ On n'en est donc pas à des clivages comme East Coast, West Coast…
B. v.d.W. Ça existe toujours. Quand on entend le jazz d'Europe du Nord, c'est une musique d'atmosphère, assez différente de celle du Sud. Les particularités sont indéniables, mais il ne faut pas parler de différences fondamentales, c'est plus une question de mentalités.
J.V.H. Il y a plus d'interactions qu'autrefois, notamment dans le groupe Octurn, il y a un Français, un Hollandais…
B. v.d.W. …et des Flamands et des francophones…
J.V.H. Oui (rire), c'est important, mais malheureusement, je ne réussis pas moi-même à sortir des frontières comme je le voudrais. Bouger. Avec tout le respect pour les musiciens belges, j'ai pourtant besoin de rencontrer d'autres mondes.
Q/ Qui est votre public, à vos yeux ?
B. v.d.W. Je ne sais pas. Sincèrement, je ne sais pas….. Les musiciens ??? (rire)
Q/ Est-ce qu'il t'arrive de chercher, par ton jeu, à développer chez un public trop passif le besoin d'agir, de participer ?
J.V.H. Oui, j'aime jouer pour un public très large, et c'est pourquoi on a ajouté au groupe des éléments danse et rap, ce qui a amené un important public jeune, un public qui accroche vraiment.
Q/ Les vieux ne viennent donc pas ?
J.V.H. Si, le public est très mélangé.
B. v.d.W. Je ne vais pas changer ma façon de jouer selon le public ou les circonstances du concert. Tant mieux si le public suit, tant pis s'il ne suit pas. Ce n'est pas une question d'attitude. L'important est de rester honnête dans sa propre démarche.
Q/ Que fais-tu les deux minutes avant de monter sur scène ?
J.V.H. Je reste avec les musiciens, on rigole.
B. v.d.W. Quand on joue dans un club, et qu'il y a plein de copains autour, c'est toujours difficile de se concentrer. En général donc, je suis le mouvement, mais lorsque les circonstances le permettent, il est toujours préférable de monter sur scène en étant connecté avec les autres musiciens.
J.V.H. On vient de faire une tournée avec Määk's Spirit, on a joué une musique expérimentale, et, dix minutes avant de jouer, on se réunissait à six pour chanter, respirer, c'est une très bonne expérience. On a vécu comme ça pendant une semaine.
Q/ Que penser du statut du musicien en Belgique ?
J.V.H. Il y a eu récemment plusieurs tentatives de se réunir au sein d'une association, mais seules 12 personnes se sont déplacées...
B. v.d.W. Je respecte les gens qui s'en occupent. Ce n'est pas que ça ne m'intéresse pas, puisque on est forcément tous concernés, mais je n'ai pas d'avis. Il y a des tas de gens qui vivent une misère bien plus grande que la nôtre. Il y a des choses plus graves. Ceci dit sans dédaigner le travail qui est fait.
Q/ Vos trois disques de l'île déserte ?
J.V.H. Le premier, sans hésitation, c'est " Crescent " de Coltrane, 1964, avec le quartet classique. En jazz, j'écoute énormément Coltrane. Ça va par période, mais à chaque coup j'y reviens : Coltrane est indispensable. En second, l'Art de la Fugue, de J.S. Bach, en version petit ensemble. Bo, il y a aussi ce très beau disque que tu m'as offert …le quatuor pour la fin du Temps, de Messiaen.
B. v.d.W. Pour ma part, j'emporterais la Passion selon Saint Matthieu de Bach, le Catalogue d'oiseaux de Messiaen, et un Coltrane.
J.V.H. Moi, je vais changer Bach, ou prendre un quatrième : " Interstellar Space ", de Coltrane.

    Propos recueillis par René Jacobs (Forest, novembre 1999)
PLATE-FORME NATIONALE DES ARTISTES

NEWSLETTER n°1

Le questionnaire
Le nombre de questionnaires envoyés, distribués ou réenvoyés est de plus ou moins 28.600 questionnaires. Les fichiers qui ont été utilisés sont ceux des associations mais aussi ceux des communautés francophone (plasticiens et secteur audiovisuel) et néerlandophone (…).

En ce qui concerne les retours, nous avons recueilli à ce jour (soit le 24 décembre 1999) 1.782 questionnaires complétés, soit 6.23% des questionnaires envoyés. Nous allons assurer le dépouillement des questionnaires en interne.

La permanence téléphonique a reçu durant les deux premières semaines une moyenne de 30 à 35 coups de fil par jour, soit pour des demandes de questionnaire ou d'informations sur ce dernier. De nombreux entretiens téléphoniques portaient sur des demandes de renseignements sur le statut.

Les tables rondes

Les tables-rondes, quant à elles, se sont déroulées comme prévu. Les villes d'Anvers, Gand et Bruxelles ayant accueilli le plus grand nombre de participants. Par contre la participation à Mons et à Tournai étaient plus réduites. Une table ronde complémentaire s’ est tenue à Hasselt.

Nous sommes actuellement en train de rédiger les synthèses de chaque groupe de travail.

La couverture médiatique des tables-rondes a connu un regain suite à la publication par Laurette Onkelinx de son communiqué de presse. Du côté francophone, la Plate-forme a donné trois interviews, dans "Le Soir", "La Libre Belgique" et " Imagine ". Du côté néerlandophone, Johan Verminnen a donné une interview à la VRT, Yasmine Kherbache à Radio 1. "De Morgen" et "De Standaard" ont publié un article.

Contact avec les partenaires sociaux et interlocuteurs politiques

Nous avons rencontré le représentant culture de l'ACV et nous nous devrions nous rencontrer à nouveau dans le courant du mois de janvier.

Cette réunion était exploratoire afin d'expliquer ce qu'est la Plate-forme, qui la compose et quels sont nos objectifs. Le représentant du syndicat a manifesté un intérêt pour nos travaux et souhaitait voir sur quel terrain nous pourrions rechercher une démarche commune.

Nous avons rencontré ce lundi 20 décembre la Vice-Premier Ministre et Ministre de l'Emploi Laurette Onkelinx pour lui faire part de nos observations au sujet de ses propositions de modifications de la réglementation en matière de chômage.

Par ailleurs, nous réactivons des contacts avec des représentants au sein de chacun des partis afin de leur faire part de l'état d'avancement de nos travaux et leur confirmer que la Plate-forme est active sur tous les terrains.

Nous signalons que les Etats Généraux du Jeune Théâtre ont été dissous et dès lors ne font plus partie de la Plate-forme. De son côté, la Ligue des artistes créateurs l'a quittée.

Communication

Absorbée par plusieurs travaux de taille, nous devons améliorer notre communication tant à l’égard du monde politique que des associations qui ne sont pas membres de la Plate-forme et des artistes. La Plate-forme poursuivra sa démarche de communication par la création d’un site internet qui permettra à ces membres de disposer aisément des adresses et coordonnées ainsi que des textes importants que la Plate-forme diffuse.

Par ailleurs, il faut que les associations membres informent aussi leurs membres des activités de la Plate-forme.

Prochaines réunions

Une réunion est prévue avec l’équipe de chercheurs le 24 janvier prochain. Cette réunion nous permettra de formuler nos commentaires et observations sur le projet de rapport qu’ ils comptent remettre au Gouvernement.

Les réunions plénières

Les prochaines dates de réunion sont les suivantes :
lundi 3 janvier de 10 heures à 14 heures

samedi 22 janvier (séminaire) de 9 30 à 18 heures Cette journée sera consacrée aux observations que nous formulons sur le projet de rapport. Cette réunion porterait sur une discussion des notes que les associations nous remettraient sur leurs urgences, leurs motivations, les questions de fond qui devraient être abordées dans le cadre de l&rsquo ; étude. (un ordre du jour plus détaillé sera établi lors de notre réunion du 3 janvier).Les associations devraient nous faire parvenir une note d’ intention quelques jours avant cette date. Si les associations ne peuvent participer qu&rsquo ; elles nous fassent parvenir des documents ou des notes.

Chacune de ses réunions se tiendra rue du Prince Royal 87 à 1050 Bruxelles.

Le Bureau

Rappelons que les bureaux se tiennent tous les jeudis de 17 heures à 19 heures et sont ouverts à tout le monde.

INTERNET NOUVELLE ADRESSELe site " Jazz in Belgium " des Lundis a déménagé, la nouvelle adresse est http://www.jazzinbelgium.org

LE SITE DES LUNDIS "JAZZ IN BELGIUM", SOUFFLE SES TROIS BOUGIES

En trois ans d'existence, le site web des Lundis, "Jazz in Belgium", est devenu une source d'informations incontournable qui n'a pas manqué de recevoir des échos élogieux en provenance du monde entier. Certainsprofessionnels étrangers nous ont carrément dit envier cet outil !
Notre compteur de visiteurs est un indicateur de son succès : nous nous dirigeons vers les 30.000 visiteurs, mais ce nombre est sans doute bien en dessous de la réalité, car il témoigne en fait du trafic de la seule homepage.

QUELQUES PRECISIONS ET STATISTIQUES :

Un total de plus de 1000 pages. Une liste de 400 noms au répertoire des musiciens belges (alphabétique oupar instrument !), dont 200 avec page bio. Une liste d'environ 150 groupes, dont 100 disposent d'une page les concernant. Un suivi des CDs belges en collaboration étroite avec les labels et les musiciens. Plus de 100 pages détaillées consacrées à des disques belges de ces trois dernières années.

Une couverture très complète, mise à jour quotidiennement, de la scène belge du jazz.

Des extraits musicaux de bonne qualité (Real Audio) pour illustrer la discographie.

Et d'autres rubriques précieuses comme : les nouvelles quotidiennes, le jazz en radio/télé, le CD de la semaine, les concerts et festivals, l'enseignement, les associations Lundis et WIM, les labels belges et leurs catalogues, les disquaires, les magazines, les livres, la galerie de photos, ainsi que divers liens utiles.
Bref, une matière considérable, qui fait du site la plaque tournante obligée tant des fans de musique que des organisateurs de concerts, des journalistes... qui viennent dès à présent sur le site pour se documenter sur nos artistes et leur actualité (notamment dans la rubrique newsflash).

UN ATOUT POUR LES MUSICIENS

Etre présent sur le site avec une documentation riche et bien actualisée est donc un atout précieux pour les musiciens.

Les avantages concrets sont multiples :
- vous disposez d'une adresse pour faire consulter votre page bio, groupe, CD… :

Outre l'adresse "URL" générale du site (http://www.jazzinbelgium.org), chaque musicien dispose pour les pages qui le concernent (bios, groupes, CDs) d'une adresse à laquelle un visiteur peut se rendre très facilement.Une adresse typique de page musicien a la forme www.jazzinbelgium.org/mus/lattuca.htm, dans laquelle "mus" indique qu'on se trouve dans la rubrique musiciens et "nom.htm" identifie la page biographique du musicien, dans ce cas-ci celle de Gino Lattuca. Rien de très sorcier. Avantage : que vous soyez vous-même ou non raccordés à Internet, vous pouvez utiliser cette adresse URL dans votre courrier, sur vos cartes de visite, e-mails et tout matériel promotionnel que vous faites circuler. En fait, dans de nombreux cas, il n'est même plus nécessaire de poster vos bios. Si votre destinataire est raccordé à Internet, il suffit de lui communiquer l'adresse de votre page. Il ira la consulter, et ce sera un jeu d'enfant pour lui de la télécharger ou de l'imprimer.

- votre musique est présentée sur le site :
Vous pourrez par exemple envoyer moins de CDs promotionnels par courrier (une belle économie !), car des extraits musicaux de bonne qualité sonore sont maintenant écoutables sur le site, et il suffit à nouveau, dans votrepromotion ou courrier, de communiquer l'adresse de la page à vos interlocuteurs.

Contactez-moi si vous avez besoin d'ajouter un échantillon sonore sur le site, je m'en chargerai rapidement.
Contactez-moi aussi si vous voulez connaître le nom exact de votre page.

- Vous disposez d'un e-mail pour recevoir des messages :
Encore un avantage (toujours gratuit !) : si vous n'avez-pas d'e-mail vous-même, celui des Lundis ( ldh&jazzinbelgium.org ) peut vous servir de boîte aux lettres, à communiquer à quiconque souhaiterait vous joindre par ce moyen.

- Vous pourrez plus facilement vendre vos disques :
Divers liens sur le site permettent aux visiteurs qui les ont découverts, de se procurer vos disques, tant en Belgique qu'à l'étranger, soit en contactant le label, soit en s'adressant aux disquaires renseignés, soit enfin en se connectant on-line sur les disquaires comme Netbeat par exemple, qui vend les principaux catalogues belges dans le monde entier !

Bref, le site est devenu un outil de promotion et de diffusion du jazz belge en général, et de votre musique en particulier. Comme de nombreux professionnels utilisent déjà ce medium en priorité, vous pouvez difficilement vous passer d'inclure cette carte dans votre jeu.


VOTRE SITE ATTEND VOS INFORMATIONS

Même si, avec l'aide de Michel Herr, nous passons quelques heures chaque jour à développer et à mettre à jour le site, nous avons grand besoin de votre collaboration. Le volume des informations et du matériel nécessaire est devenu tropimportant pour que nous passions notre temps à courir à la recherche de vos informations. Elles doivent nous arriver de votre initiative, ceci dans votre intérêt. Dans certains cas, nous avons même dû construire et rédiger des biosnous-mêmes, n'ayant pas réussi à les obtenir des musiciens eux-mêmes... Même si votre bio est déjà présente sur le site, sachez que certaines ont déjà 3 ans d'âge et pourraient certainement bénéficier d'un bon rafraîchissement.Nous faisons l'effort d'introduire les infos concernant les concerts, festivals, les nouvelles diverses… dans les pages correspondantes. Mais c'est à vous qu'il incombe d'alimenter le site en informations et de soumettre vos mises à jours. Envoyez-moi donc, de votre propre initiative :

    - vos bios up-to-date
    - vos discographies
    - des photos
    - vos petites et grandes nouvelles
    - vos dates de concerts
    - un exemplaire de vos CDs dès qu'ils paraissent.
C'est dans votre intérêt. Je mets les CDs sans délai sur le site (une page illustrée d'extraits musicaux), et je les utilise par ailleurs dans mon émission hebdomadaire de deux heures sur Radio Judaïca, dans laquelle le jazz belge se taille la part du lion.

Vous pouvez envoyer vos informations aux Lundis, ou plus directement, à moi. Idéalement, pour les textes, faites le par e-mail, ce qui me dispense de tout retaper (format texte ou DOC), et si possible en anglais pour accélérer la confection des textes.

UN COUP DE MAIN ?

D'autres formes de collaboration pourraient sans doute alléger notre travail, accélérer certaines mises à jour tout en permettant l'expansion du site. Si vous êtes familiarisés avec Internet, si vous avez éventuellement une toute petite expérience du langage html et si vous souhaitez donner un coup de main, contactez-nous. Voici quelques tâches qui pourraient être prises en main par d'éventuels volontaires :
- travaux de mise à jour des agendas (concerts, festivals), préparation de certains documents utiles (journal des Lundis) en vue de leur mise online.
- travaux de traduction français-anglais ou anglais-français

- travaux graphiques, de mise en page, travaux photographiques- etc...

Pour tout ce qui précède, les adresses email à contacter sont :
ldh@jazzinbelgium.arc.be ou ioz@arcadis.be, et mon adresse personnelle est :Ilan OZ14 Clos du Poney1420 Braine l'Alleud (02/354 79 43).
Cordialement et musicalement vôtreIlan OZMichel HERR

ANNONCES

XXIV Festival International de Jazz de Getxo

Le Centre Culturel de Getxo organise un concours pour les groupes de jazz lors de son 24ème Festival International de Jazz les 5, 6 et 7 juillet 2000 à Getxo (Pays Basque). Le concours est ouvert à tous les groupes européens, toutes tendances confondues, qui interprètent de la musique de jazz. L'âge maximum de chaque membre du groupe est de 30 ans. L'inscription au concours doit obligatoirement être accompagnée par un matériel sonore qui démontre les qualités du groupe. Les inscriptions doivent être reçues au plus tard pour le 26 février. Un Comité de Sélection choisira 6 groupes parmi les participants. Chaque groupe sélectionné recevra un montant de 900 à 1800 EURO incluant les différents frais (voyage…). L'hébergement est pris en charge par l'organisation. Le premier prix est de 3000 EURO et l'édition d'un cd enregistré lors du concours.

Pour l'envoi des inscriptions ou pour toute information complémentaire, contacter :

AULA DE CULTURA DE GETXOInternational Jazz FestivalUrgull s/n48990 Algorta - GETXO (BIZKAIA) SpainPhone : 34-944 914 080 Fax : 34-944 912 139Email : infocultura@getxo.netwww.getxo.net


Démission d'Ilan Oz du Conseil d'Administration des Lundis d'Hortense

Ilan Oz a décidé de ne plus faire partie du C.A. des Lundis et a donc donné sa démission. Cependant, il poursuit la gestion du site Internet, " Jazz in Belgium ", des Lundis.


Faites vous connaître par Internet

Jan Byrczek vous donne l'opportunité contre payement de distribuer via l'E-mail votre message ou votre communiqué de presse à pas moins de 30.000 associations internationales concernées par le jazz. Vous pouvez choisir parmi différentes listes de distribution pour envoyer votre message ou votre communiqué de presse: presse & radio, booking/opportunités de concerts, enregistrement… Le prix du service est de 9 cents par E-mail et le montant total dépendra de la grandeur de la liste de distribution que vous aurez choisi. Pour toute information complémentaire ou pour recevoir un formulaire de commande, contacter Jan Byrczek : jwd@idt.net

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